DE PRUSSE
CONCLa LE 8 JUIN 17i.2.
Traité d'alliance,
entre Leurs Majestés V Empereur de Russie et le Roi
de Prussey
conclu le 8 Juin 1762.1)
Le 5 Mai 176?l, par un article particulier du traité de paix, il a été arrêté, qu'une alliance plus étroite serait conclue entre les deux étatp. A cette fin, ont été chargés de pleins pouvoirs, du côté de la Russie: Le Chancelier Comte Michel Woronzow; et du côté de la Prusse: Le Colonel, Aide-de-camp du Roi, Baron Bernhard Guillaume de Goltz; et ils ont conclu et signé le traité d'alliance défensive suivant:
Article 1) Eternelle amitié. Promesse de contribuer au bien réciproque, comme au sien propre.
2, 3, 4) Garantie réciproque des deux états. Ce traité n'est dirigé contre personne en pai1i-
*) Le texte de ce traité est allemand. Nous n'en donnons ici qu'un abrégé exact. Du reste, Pierre étant mort ayant l'époque fixée pour la ratification de cet Acte, il ne fut jamais mis à exécution.
culier. , Seulement, il a pour but, dans le cas où l'un des deux états ci -dessus désignés serait attaqué, de lui assurer, de la part , de l'autre, le secours stipulé, trois mois après la demande, qui en aura été faite.
5) Ce secours doif consister en 15000 hommes d'infanterie et 5000 de cavalerie, pourvus de tout le matériel, artillerie, munitions etc., et ce contingent ne pourra être rappelé, qu'à la cessation des hostilités.
6) La solde de ces troupes est à la charge de la puissance requise: l'entretien de ce contingent reste à la puissance qui requiert.
7) Les troupes auxiliares sont sous le commandement de leurs propres chefs, et seulement en général, sous les ordres du commandant en chef de la puissance requérante. A l'égard des opérations, les chefs des corps auxiliaires doivent être consultés.
8) Ces troupes doivent être tenues sur le même pied, et traitées de la même manière, que celles de la puissance requérante. En conséquence, on ne pourra les exposer à de plus grand dangers que les autres soldats.
9) Ils conserveront leur propre administration, leur juridiction, leurs prêtres.
10) Les trophées conquis par eux, leur resteront.
11) Si le secours, désigné plus haut, n'était pas suffisant, on s'entendrait sur une nouvelle adjonction de forces, et de même, si une diminution du contingent paraissait nécessaire.
12) Au besoin, l'Empereur de Russie fournira des vaisseaux, au lieu des troupes.
13) A la place de ces corps, chaque puissance pourra, de son propre avis, demander un secours en argent, lequel sera fixé à 600,000 Roubles par an, pendant toute la durée de la guerre.
15) Les puissances ne pourront conclure ni paix, ni trêve, sans le consentement mutuel préalable, et elles se communiqueront réciproquement toutes les propositions, qui leur seront faites à cet égard.
15) Mais, si une des deux puissances est elle-même engagée dans une guerre, elle sera dispensée de prêter le secours ci -dessus mentionné.
16) Promesse, de remplir fidèlement ces conditions.
17) Des puissances étrangères ne pourront être admises dans cette alliance, que par un consentement réciproque.
18) Il ne sera mis aucun obstacle au commerce et à la navigation des deux états; et les sujets réciproques, seront traités* à l'égal des
nations les plus favorisées» Les co-réligionnaires Grecs jouiront du libre exercice de leur religion, dans toute l'étendue des domaines prussiens, et conserveront leur église à Konigsberg.
19) Ce traité aura une durée de vingt ans; il devra être renouvelé avant son expiration, et adapté aux circonstances de l'époque.
20) La ratification du présent traité de la part des deux puissances contractantes aura lieu à Se Pétersbourg, dans l'espace de six semaines.
Premier article secret: Le Roi de Prusse se propose de seconder l'Empereur, par toutes les représentations et les exhortg;tions possibles, auprès de la cour de Danemark, pour qu'il recouvre le Duché de Schleswig, et qu'il obtienne une juste satisfaction à toutes ses demandes. Mais si le Roi de Danemark se montrait sourd à de si justes prétentions, le Roi de Prusse s'engage à mettre à la disposition de Sa Majesté l'Empereur 16000 hommes d'infanterie et 5000 chevaux. Il garantit en même temps à l'Empereur toutes les possessions qui lui échoiront, lorsqu'il fera la paix avec le Danemark. En échange l'Empereur garantit à Sa Majesté le -Roi de Prusse, la Silésie et Glatz.^)
^) Qu'on se rappelle, que la guerre entre la Prusse et r Autriche durait encore, lorsque ce traite ftit conoltt.
Deuxième article secret: Le Duché de Courlande doit être maintenu dans ses droits et privilèges. Mais comme, sous le Duc de Saxe Charles, ces libertés et ces droits n'étaient pas assurées, et que par cette raison le Duc Ernest Jean de Biron est rentré dans ses anciens droits; niais que celui-ci, par reconnaissance des grâces qu'il a reçues de Sa Majesté l'Empereur, veut céder la Courlande au Duc Georges Louis de Hoïstein-Gottorp et à ses descendans: Leurs Majestés l'Empereur de Russie et le Roi de Prusse se proposent de favoriser cette transaction par tous les moyens, et Biron rentrera en possession de la Seigneurie de Wartemberg, qu'il avait précédemment acquise.
Troisième article secret:^) Comme l'intérêt de Sa Majesté Impériale de toutes les Russies
^) Copié mot pour mot d'après l'original , aûn de donner un aperçu du genre de la rédaction. C'est pourquoi, nous reproduisons ici le texte allemand:
S)rittcr gc^cimer Sltttïcl. S)a baô 3ntcrcffc ®t.
Saifcrïiii^en aRajcftat toon allcn Sleugcn utib beô Sonig^ Don
^rcugen aRajeftat erforbcrt, barauf bcbad^t ju fein unb ©orge
ju tragcn, ba^ ^i^ 9îe})ubliï $oIen bci i^rcr ftcicn Salffl*
gcïcd^tigïcit cr^aftcn unb niemanbcn geftattet obcr jugcfaffcn
toetbc, felBigc ju cincm Srbrctd^ ju mad^cti, ober fié) tool^t
gar ju etnem @om?crain batûber aufjutoerfcn; aU i)aim
Se. gaiferlid^c 2Wajeftat t>on aUm âteugcn unb be^ fiiJntg«
in ^veugen aJîajieftat eincr bem anbern »erfj)rod^cn unb ûuf«
et de Sa Majesté le Roi de Prusse exige, qu'on porte un soin attentif à ce que la République de Pologne soit maintenue dans son droit de Libre élection, et qu'il ne soit permis ni concédé à personne d'en faire un Royaume héréditaire, ou bien même de s'ériger en Prince Souverain: Leurs Majestés l'Empereur de toutes les Russies, et Sa Majesté le Roi de Prusse, se sont promis mutuellement et se sont engagés de la manière la plus solennelle à ce que: dans tous les cas et dans toutes les circonstances, si quelqu'un et qui que ce soit, voulait entreprendre de dépouiller la République de Pologne de son droit de Libre
alïert}crbinblid)ftc fid^ anl&eifd^ig gemad^t, ba§ in atten unb jebcn gdïïen, tuenn jemanb, toer e§ and} fein mod^te, e^ iin= ternel^mcn tDilrbe, bte 9îe^}u6fif ^olen titrer freien 333abf= gercd;tigfeit ju berauben obcr feftige ju cinem Êrbreid^ obcr fid; )e(bft ju eincnt ®oui)cratît ju ntad^en: Sl^re 3Jtaicftaten t)on 9tuj5(anb unb ^reugen fold^e^ nïéft bulben, fonbern bergîeid;cu ungercd^te unb bcnen 9îac^baren gefal^rtid^c Slbfid^ten auf aUe 2lrt unb aSeife, unter gemeinfd^afttid^en ©eratl^fci^Iagun^ gen unb mit jufamntengefeèten Staften, aud^ fcibft mit U= tDaffnetcr §anb, tïjofcrn fofd^eê erforbcrt tDiirbe, abtoenben, î;intertreiben unb ju nidbté mad^en tDoHen.
Cerner t>ereinigen fid^ bie beiben SOîâd^te, bie SBal^I nad^ bem îobe u^ iefetgcn Sonigê auf einen Paften fattcn ju (affen, unb ttjerbetrfid^ iïbtx ben paffenbften Sanbibaten baju t>evein6aren.
élection; ou d'en faire un Royaume héréditaire, ou de s'ériger soi-même en Souverain: Leurs Majestés de Russie et de Prusse ne le permettront pas; mais qu'au contraire, elles écarteront, repousseront et mettront à néant, de toutes manières, et par tous les moyens, des projeta si injustes et dangereux aux puissances voisines, en se concertant mutuellement, en réunissant leurs forces, et même en ayant recours aux armes, si les circonstances l'exigeaient. De plus, les deux puissances s'uniront pour faire tomber le choix sur un Piast, après la mort du Roi actuel,*) et elles se concerteront sur le choix du candidat le plus convenable.
Premier article séparé. Ce traité ne doit pas avoir d'exécution, dans le cas d'une guerre de l'Empereur de Russie avec la Perse, ou d'autre part, du Roi de Prusse avec l'Angleterre. Mais, si la Russie était attaquée *par les Turcs ou les Tartares; ou si la Prusse était attaquée par la France, les deux puissances se promettent, au lieu de l'envoi de troupes, si difficile à cause de la distance, de s'allouer une somme de 600,000 Roubles par an, comme il est stipulé dans l'article 13®.
*) Auguste m, de Saxe.
Deuxième article séparé.*) Sa Majesté Impériale de Russie, et Sa Majesté le Roi de Prusse, voyant avec beaucoup de chagrin la dure oppression dans laquelle vivent, depuis bien des années, leurs co-réligionnaires de Pologne et de Lithuanie, se sont réunes et alliées, pour protéger de leur mieux tous les habitans de la
*) Copié de Toriginal et sans rien abréger. Voioi, du reste, le texte allemand:
âtocitcr ©c»)arat=?lrtiïcr. ®e. ftqtferl^c aWajcjtat Don Sîeugctt unb be« ti5ni8« in ^rcugen SWaicpat, tocld^c bie fd^iDere Untcrbrûdwng, tt)orin bero kiberfeitigen ®Iaubenô= tjemanbtc in ^o(en unb Sitt^auen fd^on toielc Salure fici^ bc= finbcn, mit grogem 8cibtt)efcn gefel^cn, l^aben fid^ mit einanbcr bal^in ^ctcinigt unb t)crbunben, ba§ fie bie unter bem 9îamett ber î)ifftbenten begTtffenen ®riec^if(^en , fReformitten unb 8nt]^eïtf(^en Singefagen beê SiJnigreid^^ ^olen unb bcê /®ro§= l^erjogtl^nm^ Sittl^auen tefîermagen fd^ilfeen unb burd^ fïeunb= lid^c unb naii^brûdlid^e Sîorfteïlungen 6ei bem SiJnig unb ber 9îe|>uMiï ?PoIen e« bal^in ju bringen bemiil^t fein njoïïen, bag gebad^te îî)iffibenten ju ben ^titoilegien, greil^eiten, 9îed^ten unb ©ered^tigïeiten, toetd^e il^nen t)on Sllterô l^er fo= tool^t in geifili(i^en atê toelttid^en ®ad&en com^jetiren unb yxgeftanben tt)orben, nad^gel^enb^ a6er gro^tentl^eil^ eingefd^rSnft, au(i^ tDol^I ganjlid^ unb jtoar auf eine ungebûl^rlid^e SKeife entjogen toorben, toieberum getangen, ober toenn e« anjc^jt nid^t J)oII!ommen fo toeit gebrad^t toerben îonnte, fie bennod^ jum toenigften 6i« ju teffern â^i^en unb Sonjuncturen in Çinfld^t biefer ^unïte in bem ©tattbe, toorin fté fid^ je^t beftnben, erl^aïten toerben môgen.
Pologne et dii Grand -Duché de Lithuanîe, qui professent les religions Grecque, Réformée et Luthérienne, et qui y sont connus sous le nom de Dissidens; et veulent faire tous leurs efforts, pour obtenir du Roi et de la République de Pologne, par des représentations fortes et amicales, que ces mêmes Dissidens soient réintégrés dans leurs privilèges, libertés, droits et prérogatives, qui leur avaient été accordés et concédés par le passé, tant dans les affaires ecclésiastiques que civiles, et qui, après avoir subi de grandes restrictions, leur ont été totalement enlevés de la manière la plus injuste. Mais, s'ils ne pouvaient pas présentement recouvrer entièrement leurs avantages, qu'ils puissent au moins, toutefois jusqu'à ce que des temps et des conjonctures plus favorables se présentent, être maintenus, à l'égard de tous ces points, dans l'état où ils se trouvent aujourd'hui.
Le traité original à Tai'chive est signé:
Federic Rex.
Imprimerie de Bilr & Hermann k Leipsic
ET
LE PARTAGE DE LA POLOGNE