NOTICE SUR LA I »OL-JKIN'K
de colles qu'elle possède ; causes de cette impuissance, Le Play a traité et épuisé en un petit nombre de pages ce vaste sujet. En 1875, les Chambres de commerce furent saisies, je l'ai rappelé, delà question suivante : En quoi l'éducation ou les lois anglaises ou allernandes contribueyit-elles à pousser la jeunesse vers le commerce d' exportation ? C'était la question même de la colonisation : établir des comptoirs el créer des colonies sont deux résultats jumeaux d'une môme cause : la puissance d'expansion d'un peuple. Les Chambres de commerce de Paris, de Bordeaux, de Rouen, de Mont|:ellier, de Narbonne, de Roubaix, de Sainl-Omer, d'Epinal signalèrent, parmi les raisons qui expliquent l'infériorité de la France dans le commerce d'exportation, l'influence de sa législation successorale. La Chambre de Bordeaux s'étendit longuement sur cette matière. Celle de Roubaix la résuma en ces termes : « Le droit de tester oft're les résultats suivants : famille plus nombreuse, pas d'hésitation pour fonder un grand établissement ; il ne sera pas divisé. Obligation pour les jeunes gens n'ayant qu'une part minime dans l'avoir paternel, de chercher fortune, et, pour y arriver, ils vont à l'étranger... », Ces mots, placés à juste titre en première ligne : famille plus îiombreuse, indiquent un des effets bienfaisants de la liberté de tester et suggèrent par suite l'explication principale de notre impuissance à coloniser sous le régime contraire. La colonisation languit, faute d'émigranls ; l'émigration est très faible parce que le nombre des naissances, au lieu d'augmenter, diminue (l) ;
nable de la population » (De la colon isntion chez les peuples modernes, o* édition, p. 49o).
(1) Dans un brillant rapport, nourri de souvenirs, de faits, d'exemples recueillis pendant vingt-cin:j ans de voyages à l'étranger, sur l'Expansion coloniale et la désorganisation de la famille, M. le D"' Poitou-Duplessis a adhéré sans réserve aux conclusions de Le Play. « La t-ause presque unique de notre décadence coloniale, disait-il, de la perte de notre commerce maritime et de notre ancien esprit d'audace et d'initiative, c'est la désorganisation de la famille, résultat fatal de nos lois de
et la loi du partage égal, qui ralentit à Tintérieur le développement de la famille, arrête au dehors, comme il est naturel, l'expansion de la race.
succession. Si Ion y joint la direction fausse donnée à l'instruction publique, notre fabrique uniforme de bacheliers, l'habitude constante de la tutelle administrative et de l'ingérence de l'Etat dans les affaires privées et jusqu'au foyer domestique, on aura plus de causes qu'il n'en faut pour tout expliquer ». (Société d'Economie sociale, séance du 8 décembrr 1884, Revue la Réforme sociale, 1885. I, 199i.
La question de V Influence des lois successorales sur l'Expansion de la race a été reprise et longuement discutée en 1903 à la Société d'Economie sociale. M. Ambroise Colin, professeur de droit à l'Université de Paris, a combattu les conclusions de Le Play. Elles ont été vigoureusement défendues par MM. Poitou Uuplessis, Rostand, Chevsson. Delaire, Etcheverry, Blondel. (Revue la Reforme sociale, Ï903, II, 730, 798, 883).