‹ Frédéric Le Play d'après lui-mêmeChapitre 9 sur 31 · I.A MÉTHODE d'imitation ET DE BESTAURATION · texte numérisé non relu

I.A MÉTHODE d'imitation ET DE BESTAURATION

L'état de malaise où se trouve notre pays et les difficultés que je viens de décrire ne sont point des faits nouveaux dans l'histoire, et le remède est connu depuis longtemps. Tout peuple qui, en pareil cas, a voulu se soustraire à une décadence complète n'a pu employer que deux moN^ens : imiter les meilleures pratiques des étrangers ; reprendre, parmi ses propres pratiques des temps de prospérité, celles qui restent en harmonie avec les nécessités du temps présent.

L'imitation des modèles a été pratiquée sans relâche par tous les peuples qui ont su se maintenir forts et prospères. Elle constituait chez les Romains (2) un principe de gouvernement. Elle était chez les Grecs d'un usage encore plus habituel ; elle fut même enseignée par Socrate avec une précision à laquelle les mo-

(1) « L'Organisation du travail, chap. VI, | 62.

(2) « Rome accrut beaucoup ses forces par son union avec les < Sabins, peuples durs et belliqueux comme les Lacédémoniens, c( dont ils étaient descendus. Romulus prit leur bouclier, qui « était large, au lieu du petit bouclier argien dont il s'était servi « jusqu'alors. Et on doit remarquer que ce qui a le plus contri- « bué à rentre les Romains les maîtres du monde, c'est qu'ayant « combattu successivement contre tous les peuples, ils ont tou- « jours renoncé à leurs usages sitôt qu'ils en ont trouvé de meil- « leurs. » (Montesquieu, Grandeur et Décadence des Rotiiains,

Page 1