LE TESTAMENT
à VOUS remercier des jours que j'ai vécus. Ah! si ces pages sont les dernières que j'écris, qu'elles soient un hymne à votre bonté. »
Et, cette bonté divine, Ozanam la remercie de lui avoir donné nu père tel que le sien, une admirable mère : il rappelle le bienfait de l'éducation qu'il en reçut. Puis il termine ainsi : ■ Vous qui après moi prierez pour moi, continuez aussi de prier pour mon père et ma mère. La bénédiction du Seigneur est sur les familles où l'on se souvient des aïeux. »
Ces admirables pages eurent leur complément. En ce même jour solennel, Ozanam, profitant d'une absence momentanée de sa femme qu'il ne voulait pas attrister, écrivit sommairement l'esquisse de son testament, sous celte forme brève, qu'il se proposait de revoir et compléter :
« Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit- il.
« Aujourd'hui, vingt-trois avril mil huit cent cinquante-trois, au moment où j'accomplis ma quarantième année, dans les inquiétudes d'une maladie grave, mais sain d'esprit, j'ai écrit en peu de mots mes dernières volontés, me proposant de les exprimer plus complètement lorsque j'aurai plus de force.
« Je remets mon âme à Jésus-Christ, mon Sauveur, effrayé de mes péchés, mais confiant dans l'infinie miséricorde.
« Je meurs au sein de l'Église catholique, apostolique et romaine. J'ai connu les doutes du siècle présent, mais toute ma vie m'a convaincu qu'il n'y a de repos pour l'esprit et le cœur que dans l'Église et sous son autorité.