LIVOURNE, SIENNE
de conférence, d'autant qu'à cette époque la moitié de l'Université de Pise y avait été transférée, entraînant un grand nombre déjeunes étudiants. Ozanam voulut s'y rendre. Et comme on lui objectait que le voyage en était pénible : « Puisque Dieu me rend des forces, répondit-il, c'est à son service que jeles dois! »
Là l'attendait, lui et sa famille, l'accueil le plus hospitalier du Révérend Père Pandola, l'homme le plus considéré de la ville. Maître général de l'Institut des sourds-muets de toute la Toscane, directeur du collège des Tolomei, une des plus grandes écoles italiennes, professeur à l'Université, il parut cependant, lui qui avait à s'occuper de tant de monde, ne vivre, pendant quatre jours, que pour ces cinq étrangers, femme, malade, enfant, servante, conducteur, qui s'étaient abattus sur cette maison où tout leur avait été préparé, où tout leur fut prodigué. « Ainsi, lui écrivait plus tard Ozanam, nous n'avons eu qu'à nous laisser vivre dans cette bienheureuse Sienne, où l'on raconte que tant de saints ont été servis par des anges. Nous ne sommes pas des saints, mais certainement un bon ange nous a servis. Enfin, nous partons chargés de cadeaux et de souvenirs : moi avec votre volume de la Ligue lombarde^ et surtout votre portrait ! Amélie avec sainte Catherine ; et petite Marie avec tant de choses qu'autant valait emporter la tour du palais de la commune. »
Mais la seule chose devant laquelle les autres s'effaçaient, l'objet unique de ce voyage, la fondation tant désirée d'une conférence de Saint- Vincent de Paul, il ne l'av^ait pas obtenue. Après quatre jours de démarches pour en jeter les bases, malgré une dernière soirée d'insistance auprès du Père et de quelques personnages influents, la réponse fut que jamais