CONFERENCE A SIENNE
les jeunes nobles toscans ne seraient amenés à la visite du pauvre. Ozanam repartit donc, le cœur transpercé. C'était l'espoir seul de faire ce bien ([ui, disait-il, l'avait soulevé et rendu capal>le d'une telle fatigue : il avait manqué son voyage. Rentré chez lui découragé, on l'entendait dire, les larmes aux yeux : «Dieu ne bénit plus mes efforts. Est-ce qu'il ne voudrait plus de moi à son service? »
Cependant le Père Pandola, qu'il appelait aussi « son tendre ami », n'avait pas prononcé son dernier mot. Quinze jours après son retour à l'Antignano, ne recevant rien, Ozanam se résolut à frapper un dernier et grand coup à ce cœur généreux. Il écrivit. Les dernières lignes de sa lettre, toutes brûlantes de la charitéde Jésus-Christ, n'ont pas leurs égales, croyonsnous, dans toutes celles qui jaillirent de ce cœur de feu, cependant si près de se glacer! « Mou Révérend Père et tendre ami, j'étais trop joyeux de voir la bonne semence de saint Vincent de Paul germer et fructifier dans votre terre de Toscane. Mais surtout je lui ai vu faire tant de bien, soutenir dans la vertu un si grand nombre de jeunes gens, allumer dans un plus petit nombre un zèle si merveilleux ! Nous avons des conférences à Québec et à Mexico. Nous en avons à Jérusalem. Nous avons même assurément une conférence en paradis, car plus de mille des nôtres, depuis vingt ans que nous existons, ont pris le chemin d'une meilleure vie. Comment donc n'aurions-nous pas une conférence à Sienne, qu'on appelait l'Antichambre du Paradis? Comment, dans la ville de la sainte Vierge, ne verrions -nous pas réussir une œuvre quia la sainte Vierge pour première patronne? Et surtout comment ne réussirions-nous pas au collège