‹ Frédéric Ozanam d'après sa correspondanceChapitre 209 sur 235 · MARSEILLE. SAINTE MORT · texte numérisé non relu

MARSEILLE. SAINTE MORT

sourire qui le faisaient comprendre. Sentant sa fin venir, lui-même demanda les derniers sacrements. Comme le prêtre qui l'assistait l'excitait à se confier sans crainte à la bonté de Dieu : « Eh! comment le craindrais-je? répondit-il, je l'aime tant! »

Le 8 septembre, fête de la Nativité de la Sainte Vierge, étaitlevé. Danslamatinée dece saint jouraucun indice de la fin n'avait alarmé son entourage. Mais le soir, vers sept heures et demie, la respiration devint laborieuse et moins régulière. A un moment, on le vit ouvrir les yeux, soulever les bras, et on l'entendit s'écrier d'une voix forte : « Mon Dieu! Mon Dieu, ayez pitié de moi. »

Ce furent ses dernières paroles. L'agonie commença. Sa femme la première se jeta à genoux, puis toutes les personnes de la maison. La pièce voisine était remplie de confrères de Saint-Vincent de Paul, agenouillés en silence. Son frère prêtre dit les prières de la recommandation de l'âme. Quand elles furent achevées, il se fit un grand silence, entrecoupé de pleurs. Il était huit heures moins dix minutes du soir; un long soupir s'exhala des lèvres du moribond : c'était le dernier. Frédéric Ozanam était entré, nous l'espérons, dans la joie de son Maître.

Après un modeste service célébré à Marseille, le corps du défunt fut transporté à Paris où ses funérailles furent célébrées à Saint- Sulpice, au sein d'un immense et religieux cortège de prêtres, d'amis, de professeurs, de membres de la Société de Saint- Vincent de Paul. Il fut ensuite déposé provisoirement dans la crypte de l'église, en attendant que, grâce à l'amitié de M. Fortoul, ministre des Cultes, il pût être transporté dans la crypte de l'église historique des Carmes\

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