‹ Frédéric Ozanam d'après sa correspondanceChapitre 55 sur 235 · LYON : LES VACANCES · texte numérisé non relu

LYON : LES VACANCES

des systèmes qui se heurtent et des volontés qui se combattent, nos oreilles gardent comme un lointain retentissement des chants sacrés. Et quand nous nous asseyons au pied de la statue des grands hommes, nos pensées reprenant une route qu'elles ont accoutumée, nous ramenant à notre insu aux autels de nos saints. »

C'est dans ces dispositions d'esprit et de cœur qu'était Ozanani lorsque, raconte-t-il, au cours de quelques études historiques, arrivé au seuil du xvii'' siècle, il se trouva face à face avec un des plus puissants génies qu'ait enfantés les temps modernes : Bacon de Berulam, chancelier d'Angleterre, sous Elisabeth et Jacques I". Mais cet esprit de premier ordre n'offre qu'un caractère abaissé jusqu'à l'abjection, esclave de sa propre fortune, qui le précipite dans des abhnes de honte qui font rougir l'histoire. Ozanam recule, et s'enfonçant dans le moyen âge où son esprit a pris domicile, il y rencontre un autre chancelier d'Angleterre sous Henri II, Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry. Celui-là est un homme de cour, transformé par la religion et la grâce de l'épiscopat en un homme de Dieu, lidèle jusqu'à l'héroïsme, et sublime jusqu'au martyre. Dans ces deux personnages, Ozanam a vu la représentation du principe rationaliste et du principe chrétien : ici la raison élevée à sa plus haute puissance d'intuition, là la foi mise à sa plus rude épreuve par la persécution. Il s'est dit alors : « Nous mesurerons l'un avec l'autre, un grand homme et un saint, pour apprendre dans lequel des deux la nature humaine s'élève le plus haut et se couronne de plus de gloire. Nous aurons ainsi expérimenté lequel des deux principes, la philosophie et la religion, est le phis fécond en vertu et en gran-

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