‹ Frédéric Ozanam d'après sa correspondanceChapitre 56 sur 235 · DEUX CHANCELIERS D'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

DEUX CHANCELIERS D'ANGLETERRE

(leur. » Tel est le trophée que se propose d'élever à la gloire de l'Évangile ce Jeune conscrit d'à peine alors vingt-deux ans.

Ce que cette étude parallèle avait présenté de difficultés et exigé de recherches érudites au consciencieux historien, Ozanam, qui s'en souvient, en gémit encore dans ses lettres. Mais il nous dit aussi auprès de quelle tendresse il en trouvait d'orduiaire le délassement : « Il y eut des jours entiers d'obscurité, écrit-il, où ne pouvant écrire une ligne, je passai de longues heures avec ma mère et mon petit frère, occupé à faire l'enfant et à oublier ainsi mon difficile métier d'écrivain. »

Il trouvait un autre refuge auprès d'une autre mère, la Vierge populaire de Fourvière où le grand martyr d'Angleterre avait aussi son culte : « Deux fois, m 'étant rendu à Fourvière, je me suis agenouillé devant l'autel de saint Thomas de Cantorbéry; et je lui ai demandé, avec le trop peu de ferveur dont je suis capable, de m'assister dans un travail entrepris à sa gloire I » Aussi bien le saint proscrit, au temps de ses malheurs, avait-il habité Lyon, de laquelle il avait écrit dans une lettre : « J'ai ouï dire que sur les bords de la Saône, les hommes sont plus libres qu'ailleurs. Je m'y rendrai à pied avec l'un des miens. Peut-être en voyant notre affliction, on aura pitié de nous, et on nous donnera ce qui est nécessaire pour vivre, jusqu'à ce que le Seigneur nous ait visités! »

Enfin toute cette belle étude se clôt par ces lignes : « Et maintenant vous avez devant vous deux grandes figures. Le rationalisme a fait l'une, le catholicisme a fait l'autre. C'est à vous de voir auquel des deux vous voulez livrer votre àme. » Tout s'achève dans cette prière, une strophe à l'immortalité du héros

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