‹ Frédéric OzanamChapitre 134 sur 344 · LA CONSOLATION CÉLESTE · texte numérisé non relu

LA CONSOLATION CÉLESTE

être de quelques jours, et pour finir enfin comme a fini ma sainte mère. »

En réalité, elle ne le quitta plus. La pensée de cette mère lui devint comme une sorte de conversation habituelle de son âme avec cette âme. Deux ans après, 31 janvier 184-2, consolant son ami Falconnet frappé d'un deuil pareil, il lui faisait confidence de cette habitude de société spirituelle. Cette lettre est admirable :

« Après ce coup de la mort où, dans l'excès de ma douleur, toute pensée de consolation me semblait impossible, injurieuse même à sa mémoire, d'autres jours sont venus et j'ai commencé à pressentir que je n'étais point seul. Alors quelque chose d'une douceur infinie s'est passé au fond de moi. C'était comme une assurance qu'on ne m'avait point quitté. C'était comme un voisinage bienfaisant, quoique invisible. C'était comme si une âme chérie, en passant, m'eût caressé de ses ailes. Et, de même qu'autrefois je reconnaissais les pas, la voix, le souffle de ma mère, ainsi, quand un souffle rechaufi'ant ranimait mes forces, quand une idée vertueuse se faisait entendre à mon esprit, je ne pouvais m'empêcher de croire que c'était toujours elle.

« Aujourd'hui encore j'éprouve toujours ceci. 11 y a des instants de tressaillement subit, comme si elle était là, à mes côtés. Il y a surtout, lorsque j'en ai le plus besoin, des heures de maternel et filial entretien; et alors je pleure peut-être plus que dans les premiers mois, mais il se môle à cette mélancolie une ineffable paix. Quand je suis bon, quand j'ai fait quelque chose pour les pauvres qu'elle a tant aimés ; quand je suis en repos avec Dieu qu'elle a si bien servi, je vois qu'elle me sourit de loin. Quelquefois,

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