‹ Frédéric OzanamChapitre 140 sur 344 · LES FRÈRES PRÊCHEURS · texte numérisé non relu

LES FRÈRES PRÊCHEURS

de cette assemblée de jeunes hommes; et presque tous les yeux étaient humides de larmes. »

Dans le cœur d'Ozanam cette entrevue et entretien laissa un trait de lumière. Peu de temps après son arrivée à Rome, le Frère Lacordaire, alors revêtu de l'habit de Saint-Dominique, écrivit à son jeune ami une lettre remplie d'agrément où il lui faisait part du bon accueil du saint Père, du bonheur de sa vocation et de sa vie nouvelle; mais sans aucune allusion à la possibilité d'une grâce pareille pour son correspondant. Cette discrétion le servit bien. Le 26 août, Ozanam, encore alors au chevet de sa mère, terminait sa réponse au grand novice romain par des ouvertures telles que celles-ci : « Je sens plus que jamais le besoin d'une direction spirituelle qui supplée à ma faiblesse et qui me décharge de ma responsabilité. Et, pour parler à cœur ouvert, déjà plus d'une fois, quand je vois la maladie de ma mère faire de désolants progrès, et quand la possibilité d'une perte si terrible se présente à mon esprit, je ne vois plus de raisons pour me retenir dans une position que le devoir seul m'a fait solliciter. Alors l'incertitude de ma vocation se reproduit plus inquiétante que jamais. C'est ce mal intérieur, dont je souffre depuis longtemps, que je recommande à vos charitables prières; car, si Dieu voulait bien m'appeler à lui, je ne vois pas de milice dans laquelle il me fût plus doux de le servir que celle où vous êtes eng-agé. » Sur quoi il se disait « désireux de connaître d'avance la règle des Frères Prêcheurs, pour l'aider, avec le conseil de son confesseur, à prendre un parti à cet égard ».

Dans une réponse du 2 octobre, Lacordaire, à défaut du texte de la Règle, en faisait connaître à son ami Tesprit et le but : la prédication et la science divine,

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