LA PALME DU CONCOURS
chrétien plus effrontément. Un moment, je fus effrayé de mon audace. Je craignis d'avoir cassé les vitres. Mais par bonheur, on n'y vit que l'effet de la chaleur de mes convictions. C'est que, persuadé jusqu'à la fin que je n'avais pas à combattre pour la victoire, comme M. Cousin m'en avait prévenu, je devais d'autant plus librement combattre pour l'honneur : celui de Dieu d'abord. Le reste me fut accordé par surcroit. »
A peine le résultat du concours fut-il proclamé, que l'un des juges, M. Fauriel, professeur de littérature étrangère à la Sorboijne, demanda et obtint qu'Ozanam le suppléât dans cette chaire, dès l'ouverture du cours. Ozaoam appartenait donc désormais aux Lettres et à Paris, et plus à Dieu que jamais.
« Mon ami, écrivait-il à Lallier, si tout cela n'est pas un rêve, tout cela ne peut s'expliquer que d'une seule façon : Dieu m'avait fait la grâce d'apporter dans cette lutte cette foi qui, sans chercher à se produire, anime et affermit la pensée, maintient dans l'intelligence l'harmonie des idées, et souffle la chaleur et la vie dans le discours. Ainsi puis-je dire : In hoc vici: et cette pensée, qui m'humilie, est cependant celle qui me rassure. »
C'est donc Dieu qui fut remercié, remercié par la communion, et une lettre rapide écrite aussitôt à Lallier, 3 octobre, se terminait ainsi : « Ces événements dépassent toutes mes espérances. Maintenant, je prie Dieu qu'il m'éclaire. Joignez- vous à moi; et
I soyez sûr que, de mon côté, en communiant demain, je n'oublierai pas vos tendres sollicitudes; non plus que nos amis, nos communes espérances, et notre devoir à tous de reprendre un peu de courage pour les choses sévères que la situation présente de la