‹ Frédéric OzanamChapitre 152 sur 344 · C LE DROIT ET LES LETTRES · texte numérisé non relu

C LE DROIT ET LES LETTRES

truction publique, 3 octobre 18i0, concluait ainsi : « Par ses connaissances classiques très étendues, par sa manière large et ferme de comprendre un auteur et de concevoir un sujet, par la clarté de ses commentaires et de ses plans, par ses vues hardies et justes, et par un langage qui alliait l'originalité à la raison et l'imagination à la gravité, M. Ozanam parait éminemment convenir au professorat public.

« C'est ainsi, Monsieur le Ministre, que le concours qui vient de s'inaugurer sous vos auspices, et qui ouvre une ère nouvelle pour les facultés, ne sera peutêtre pas surpassé de longtemps. »

On avait beaucoup remarqué, durant cet examen, avec quelle franchise et liberté Ozanam avait professé le christianisme de ses pensées et de ses opinions. A propos de Montesquieu et de V Esprit des lois, il avait apporté la définition de la loi par saint Thomas d'Aquin; à propos de la critique littéraire au siècle de Louis XIV, il avait fait une brillante sortie contre l'école janséniste et sa funeste influence sur la poésie française. Il s'était surtout montré, là encore, plein de religieuse admiration pour saint François de Sales ; et cela, sans s'occuper le moins du monde de ce qu'en penseraient tel et tel de ses juges, à qui certes la Vie dévote n'était pas familière.

Il l'expliquait ainsi à son frère, qui le rapporte: (( Convaincu de rinsuffîsance de ma préparation, et bien persuadé, comme me l'avait dit M. Cousin, qu'en aucun cas je ne serais reçu, je me présentai au combat dans cette disposition que, n'ayant rien à risquer, ni personne à ménager, je devais rester moi, libre de mes sentiments, et le faire voir. C'est ainsi que j'ai pu parler plus hardiment, me montrer

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