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LA POLÉMIQUE CATHOLIQUE

de plaider brillamment la cause de l'enseignement catholique, Ozanam n'est pas le dernier à l'applaudir : « Je veux vous en dire ma joie et mon fraternel orgueil de chrétien. J'ai reconnu l'accent de saint Grégoire VII, de saint Anselme, de saint Bernard, dans cette voix qui défendait les libertés de l'Église, les plus vieilles et pourtant les plus jeunes et les plus impérissables libertés. »

Mais par-dessus cette grande voix laïque, Ozanam demande qu'on écoute d'abord celle de l'Église dans la personne de ses chefs : « Ce m'est un bonheur de voir enfin la controverse tirée de la misérable polémique des injures et des personnalités, et reportée à sa véritable hauteur par M. de Montalembert d'abord, et, à sa suite, par MM. de Carné, de Vatimesnil, par le Père de Ravignan, par NN. SS. les évêques, etparticulièrement par les Mémoires des archevêques de Lyon et de Paris. Voilà les représentants légitimes de nos droits, ceux que nous ne risquons jamais d'avoir à désavouer. »

Avec eux donc le Correspondant devra se tenir, sans faiblesse, dans la vérité pleine et le droit intégral. C'est le devoir de l'orthodoxie, laquelle ne doit point mollir : « Je ne considère pas comme étant un danger moindre que la dureté , la mollesse qui céderait quelque chose de la sévérité du dogme dans la discussion, ou des droits de l'Église dans les affaires. »

Une affaire d'ordre privé se négociait alors, laquelle importait grandement à son bonheur, en mettant le comble à celui de sa femme. Il en écrit ainsi à M. Foisset, dimanche de Quasimodo 1844 : « Au milieu de mes travaux habituels du collège Stanislas et de la Faculté des Lettres, il a fallu suivre les négociations d'une affaire dont le résultat serait d'appeler mon beau-père à la place de chef de division au ministère

de l'Instruction publique, et de nous réunir à la famille de ma femme. Voici trois mois que les premières démarches ont été commencées ; et, quoique la chose soit maintenant décidée, nous n'avons point encore la signature. » Qui la tenait en suspens? C'était l'époque où le projet de loi illibéral du ministre Villemain sur l'instruction publique était ardemment combattu par le parti catholique. « Jugez, ajoute Ozanam, si au milieu des circonstances présentes, il est commode d'aller faire sa cour, et de s'exposer à des conversations sur des points difficiles où la conscience ne permet pas de rien céder. » Il ne fera donc pas sa cour; il ne s'exposera pas à ces conversations. Sa conscience ne cédera rien. Il ne faut pas oublier que le jeune chrétien qui parlait, qui agissait avec cette fière indépendance, vis-à-vis du pouvoir comme de l'opinion, n'était alors qu'un simple professeur suppléant, c'est-à-dire à la merci de l'administration universitaire, et révocable ad nutum. Enfin la signature fut obtenue, par ailleurs. Au mois d'avril de l'année suivante, 1845, M. Soulacroix allait'prendre possession de son haut poste et habiter Paris. Sa division était celle de la comptabilité. Elle lui donnait peu ou point de part dans la direction de l'enseignement, non plus que dans le choix du personnel enseignant.

Sur ces entrefaites, un événement se produisit qui allait remettre en question l'avenir d'Ozanam. Au mois de juillet de cette année 1844, mourut inopinément à l'âge de 72 ans, M. Fauriel, titulaire de cette chaire de littérature où Ozanam le suppléait avec éclat. Ozanamle regretta : « J'avais en lui, écrit-il à M. Foisset, un patron bienveillant qui me prêtait ses lumières, dont la bonté m'assurait une suppléance perpétuelle

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