‹ Frédéric OzanamChapitre 209 sur 344 · LE PARTI DE LA CONFIANCE · texte numérisé non relu

LE PARTI DE LA CONFIANCE

Vous m'avez toujours connu passionné pour la liberté, pour les conquêtes légitimes des peuples, pour les réformes qui moralisent les hommes en les relevant, pour ces dogmes d'égalité et de fraternité qui ne sont que l'avènement de l'Évangile dans le domaine temporel. Et dès aujourd'hui, je reviens ici, à nos rendezvous d'études, pour donner, autant qu'il est en moi, le bon exemple de la confiance dans l'ordre, qui sera mieux maintenu par l'unanimité des citoyens que par l'échafaudage des fictions légales. »

Ainsi par lui et par d'autres se fondait alors en: France ce Parti de la confiance qui put un moment se flatter d'avoir la majorité. Ozanam écrit : « Le premier devoir pour les chrétiens, c'est de ne pas s'effrayer, et le second de ne pas effrayer autrui; de rassurer au contraire les esprits troublés, dans la crise politique et financière que nous traversons, en leur montrant que la Providence est là ! Ne nous tourmentons pas trop du lendemain, et ne disons pas : « Que mangerons-nous, et de quoi nous habillerons-nous? » Ayons du courage, cherchons la justice de Dieu et le bien du pays, et le reste nous sera donné par surcroît. »

Telles sont les vues dans lesquelles, le 12 avril, il informe M. Foisset que lui et quelques amis voudraient fonder un nouvel organe pour des temps et des besoins nouveaux. « C'est la part que je prendrai à la vie politique, de laquelle personne ne peut s'abstraire aujourd'hui. Elle se réduira donc au peu que je ferai pour VEre nouvelle, qui décidément parait le 15 avril. »

C'est sur un champ de bataille qu'à son insu Ozanam allait descendre, ce jour-là.

Page 1