LE CHOLÉRA
frappant à des portes longtemps fermées, y faisait rentrer avec elle la paix, la réconciliation et les promesses de l'éternité. »
Dans la même Assemblée, la comparaison de l'action de la politique et de l'action de la charité amena sur les lèvres d'Ozanam les noms de Richelieu et de saint Vincent de Paul, vivant l'un près de l'autre, entre les périls de la Guerre de Trente ans et les déchirements des factions politiques. Il s'écria d'un bel élan : « Sans doute, le grand ministre remplit un rôle glorieux, mais qui voudrait, qui pourrait le recommencer aujourd'hui? Richelieu ne fut que rhomme d'un pays, d'un siècle, de quelques années. Au contraire, saint Vincent de Paul est de tous les pays et de tous les siècles. Son nom est célébré partout où le soleil éclaire la croix d'un clocher. Son esprit visite les hôpitaux et les écoles de nos faubourgs où il a ses filles, comme les missions du Liban, de la Chine et du Texas toutes peuplées de ses fils. Son œuvre ne vieillit pas : qui ne voudrait la recommencer? Et, si nous avons du cœur et de la foi, qui nous en empêche, Messieurs? »