‹ Frédéric OzanamChapitre 299 sur 344 · LIVOURNE · texte numérisé non relu

LIVOURNE

ment; et, dans le lointain, on découvre la Gorgone, Gapraïa, l'île d'Elbe, la Corse. Ce beau tableau s'encadre entre les montagnes de la Spezia, que nous voyons couronnées de neige à notre droite, et, à gauche, le Montenero avec sa Madone où, pendant tout le mois de mai, chaque village voisin vient en pèlerinage. »

Au-dessous de ce tableau, Ozanam écrit, hors cadre : « Ma femme adore ce pays; mais elle aime surtout les pêcheurs et leurs jolies barques à voiles latines. Elle a fait vœu que, si je guérissais, nous vendrions nos livres pour acheter un bateau, et nous en aller en chantant, comme les Italiens, pêcher le corail sur les côtes de la Sicile et de la Sardaigne. Heureusement je n'ai pas fait la même promesse; je tiens pour la patrie; et je crois bien que la première voile qui m'emportera me mènera vers la France, où j'ai hâte de revoir tant de personnes dont le souvenir a consolé notre exil. »

Sont-ce là des peintures faites d'une main de mourant?

Ozanam s'était à peine rapproché de Livourne, que tout de suite, dès le 1" mai, la conférence de Saint- Vincent de Paul vint l'enlever pour y venir présider le second anniversaire de sa fondation. Ce n'était pas assez de siéger; on lui demanda de parler. Il s'y prêta de bonne grâce pour quelques mots seulement. On les a recueillis, on les a traduits. IJ faut y prêter Toreille. C'est sa dernière parole publique, c'est le testament de sa charité.

« Bien qu'à cause de la faiblesse de ma santé, les plus brefs discours me soient interdits, leur ditil, je ne puis cependant résister au désir de vous adresser quelques paroles pour vous exprimer l'émo-

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