LIVOURNE
des pauvres et des riches, le plus grand des riches puisqu'il l'est par nature, le plus saint des pauvres puisqu'il l'est par son libre choix d'amour. »
Tout est donc vigueur et grâce dans la parole d'Ozanam, comme tout à l'heure dans son pinceau. C'est le phénomène de la vie montante et le dernier afflux de la sève d'automne à l'extrémité des rameaux, ceux qui regardent le ciel.
La même charité de saint Vincent de Paul le pressa d'écrire, dans ces mêmes journées, 5 mai, une lettre toute de délicate bonté à un de ses plus intéressants assistés de Paris, M. Jérusalemy, un juif converti au prix de courageux sacrifices, recommandé à la Société par les conférences de Rome et de Constantinople. Or c'est d'être de race juive, la race sainte d'autrefois, qu'il le félicite complaisamment : « Ah! mon ami, quand on a le bonheur d'être devenu chrétien, c'est un grand honneur d'être né Israélite, et de se sentir le fils de ces patriarches et de ces prophètes, dont les paroles sont si belles que TÉglise n'a rien trouvé de plus beau à mettre dans la bouche de ses enfants. Vous saurez que pendant de longues semaines de langueur, les psaumes de David ne sont guère sortis de mes mains. Le Sauveur lui-même n'a-t-il pas agréé de s'entendre appelé Fils de David? Et moimême, comme eux, je lui crie souventdans mon infirmité : Fils de David, ayez pitié de moi ! Et puis je ne sais si je vous ai dit, mais mon frère Charles vous contera, comment nous aussi nous nous croyons d'origine Israélite;, c'est un lien de plus entre vous et nous; et vous devez mieux comprendre pourquoi nous, frères, nous nous associons avec un tendre intérêt à tout ce qui vous touche. Je pense que Charles vous aura présenté dans une conférence de Saint-