SA CONFERENCE
Vincent de Paul. Il me serait doux d'apprendre que nous sommes unis encore de cette manière. Ne vous lassez pas de m'aimer, mon cher Jérusalemy, et de prier pour votre tout dévoué. » On ne saurait être plus parfaitement bon.
L'heureuse influence de la mer sur la santé d'Ozanam ne tarda pas à se faire sentir, comme il l'avait précédemment éprouvée à Dieppe et à Biarritz. Retrouvant quelques forces, il essaya de reprendre le travail littéraire. C'est à San-Jacopo qu'il se remit, pour la dixième fois peut-être, à la rédaction finale de son voyage à Burgos, son odyssée de trois jours. « Ah! s'écriait-il parfois, pourquoi ce San-Jacopo de Livourne n'est-il pas Saint- Jacques de Compostelle! » Il écrivait lentement, doucement, à bâtons rompus, sur la table même où sa fille Marie prenait ses leçons. Quand une page était finie, il la lisait à sa femme, éprouvant tous deux une douce joie à voir le visage attentif de l'enfant qui, elle aussi, se souvenait.
Dans le même temps, mai-juin 1853, les Poètes franciscains ouvraient à Ozanam les portes de l'Académie florentine de la Crusca (le Crible); de laquelle il fut reçu dans la même séance que Cesare Balbo, l'illustre auteur des Espérances de l'Italie. Il était déjà membre correspondant de l'académie Tibérine de Rome, depuis 1841 ; membre de l'académie des Arcades, depuis 1844. Ailleurs, il était membre de l'académie royale de Bavière, 1847; membre de l'académie de Lyon, 1" janvier 1848. Mais rien ne semble lui avoir été plus sensible que l'affiliation à l'ordre de Saint-François, dont le diplôme lui parvint à San-Jacopo, sous le sceau du Général de l'ordre. « Il me met au nombre des bienfaiteurs de la famille franciscaine, écrit-il le 22juin, et m'associe