‹ Frédéric OzanamChapitre 92 sur 344 · EXAMEN DE DOCTORAT · texte numérisé non relu

EXAMEN DE DOCTORAT

rir : « Je m'inquiète, chère maman; cette inquiétude me fait désirer de passer mon examen de droit dès le 25 de juillet, pour, avant la fin de ce mois, me trouver auprès de vous. Alors, ma bonne mère, je vous embrasserai très fort; je tâcherai de vous apporter de la joie; la joie, souveraine médecine de Fâme, qui souvent guérit même les souffrances du corps. »

Le travail de la préparation fut acharné. Il lui fallait regagner en intensité ce que lui avait enlevé en durée le grand mois absorbé par la licence es lettres. Il savait « qu'à ce premier examen de doctorat, la moitié des candidats échoue. Il avait beaucoup compté, comme à l'ordinaire, sur le repassage des dernières journées. » Au labeur des jours, il ajouta celui des nuits. La tête martelée, les dents en rage, le visage tuméfié, il ne lâcha pas prise : « Je me suis mis de la moutarde aux jambes et suis resté ainsi depuis onze heures du soir jusqu'à une heure du matin. Les dernières nuits, j'ai dû veiller encore plus tard, ayant soin de prendre des bains de pieds pour détourner le sang. » Lorsque vint le jour de l'examen, le trop énergique jeune homme n'était plus qu'un débris de lui-même.

Le résultat en fut passable, mais non brillant : une boule blanche et quatre rouges : « Les professeurs m'ont traité honorablement, en me posant des questions fort difficiles. » Mais qu'en dira son père? « J'avoue que j'ai peur de lui. Ce pauvre père m'a pourtant donné sa parole de ne pas me gronder. Il sait bien que je fais tous mes efforts pour le satisfaire. Vraiment, je vous aime bien, mais je vous crains trop. Allons, je compte quand même sur votre bon accueil! » Et il signait : « Votre fils qui part dans deux heures et qui vous embrassera dans trois jours. »

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