XVIII INTRODUCTION
La foi et la charité ont fait qu'Ozanam a pu échapper à ces dangers. Quel contraste entre son dévouement, son abnégation, et la vie futile et inutile de tant de gens, entre sa modestie, son humilité, et leur vanité !
M. Maxime Du Camp, dans ses Souvenirs littéraires, fait une peinture bien saisissante des ravages du scepticisme et de la lassitude morale et intellectuelle qui en est la suite; il en tire des conclusions alarmantes pour l'avenir de notre ancienne mère patrie.
Mais celle-ci n'est pas la seule à subir cette funeste influence; l'Allemagne, l'Italie, l'Angleterre, en souffrent aussi a un très haut degré. Tandis que des couches inférieures de la société, monte comme une terrible marée prête à tout détruire, tandis que dans les deux mondes, les problèmes sociaux les plus difficiles se posent d'une manière effrayante, il pénible qu'une partie des classes dirigeantes se dépouille comme à plaisir de ce qui faisait leur force et leur prestige.
Du reste, nous aurions tort de nous croire nousmêmes pour toujours, même pour longtemps, à l'abri des maux qui affligent l'Europe et les États-Unis. Et puis, il est d'autres périls que nous avons à conjurer, en suppo&ant que ce que l'on veut bien appeler notre esprit arriéré nous préserve des dangereuses modes du jour. Ce n'est qu'hier qu'une voix autorisée regrettait de voir les forces vives de notre jeune nationalité s'engouffrer dans des carrières honorables par elles-mêmes, qui nous fournissent sans doute de nombreux sujets dont nous avons droit d'être fiers, mais qui pour être trop recherchées, et recherchées sans une préparation suffisante, conduisent souvent aux plus tristes déceptions. *
* Mgr Hamel. — Discours annuel du président de la Société Koyale.