‹ Frédéric OzanamChapitre 2 sur 42 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

Ozanam, sans être un ascète, opposait à la sensualité de ses contemporains une grande modération dans ses goûts et ses habitudes ; à l'égoïsme du siècle, une rare abnégation; enfin à cet orgueil insupportable qui affecte aujourd'hui des formes si diverses, une modestie exemplaire.

Toute sa vie fut une triple prédication, par la parole, par l'écriture, par l'action.

Tout ce qu'il a fait, il l'a entrepris dans un seul but, faire du bien à ses semblables, et par-dessus tout, leur procurer le plus nécessaire de tous les biens, la foi.

Or, comme la foi était alors obscurcie par le doute et que la meilleure démonstration c'est toujours l'action, il voulait surtout combattre le scepticisme -par les œuvres de la charité.

Il possédait lui-même cette vertu au plus haut degré ; elle était chez lui héréditaire et comme une seconde nature ; et, si la charité pouvait avoir des défauts, il faudrait dire que les seuls qu'à tort ou à raison on reproche à ce zélé chrétien, y avaient leur source.

Au moment où Ozanam commençait la lutte en faveur du catholicisme, les conditions en étaient fort inégales. Chateaubriand par son Génie du christianisme, de Maistre, de Bonald, par leurs écrits, l'abbé de Frayssinous par ses célèbres conférences, avaient ramené les esprits d'une impiété profonde à de meilleures dispositions.

Mais il semblait qu'à la révolution de 1830, l'Eglise, identifiée avec la restauration, devait être de nouveau en butte à toutes les attaques, et mise pour bien dire au ban de la civilisation.

Une jeunesse catholique ardente et généreuse essaya de combler le gouffre qui semblait se rouvrir entre

Page 1