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CHAPITRE VII

OzANAM SE PRÉPARE AUX EXAMENS ET SOUTIENT SES THÈSES DE DOCTEUR EN DROIT ET DE DOCTEUR ÈS- LETTRES. Il EST NOMMÉ PROFESSEUR DE DROIT COMMERCIAL A LYON, MORT DE SON PÈRE (1835-1839.)

Ici nous devons nos excuses au lecteur pour cette longue excursion dans le domaine de l'histoire d'Angleterre ; nous nous sommes laissés entrainer nonseulement par le style si élevé et si coulant de l'auteur, mais encore par la narration de faits si importants.

Nous sommes en 1835, notre jeune étudiant est à Paris se préparant tout à la fois aux examens du doctorat en droit et aux épreuves nécessaires pour le diplôme de docteur ès-lettres. Ceux qui ont lu les belles pages, et elles sont nombreuses, contenues dans les ouvrages d'Ozanam tels que " les Poètes Franciscains en Italie, " "/es sources de la Divine Comédie ^^ et P Introduction à Vhistoire de la civilisation aux temps barbares, ceux-là, sont loin de penser que cet élégant auteur n'écrivait qu'avec grande difficulté. C'est peut-être pour cela que ses écrits sont émaillés des

plus belles comparaisons ; c'est là, il nous semble, la figure de rhétorique dont il se sert le plus souvent et le plus habilement. Craignant que les mots ne puissent pas rendre complètement toute sa pensée, il appelle les choses extérieures à son secours et non content de nous expliquer tout, il s'efforce de tout nous montrer.

Pendant sa dernière année consacrée à l'étude du droit, Ozanam fut constamment préoccupé de son avenir. D'un côté il se sentait attiré malgré lui par les belles lettres, qui, disait-il, lui faisaient payer fort cher leur familiarité. De l'autre côté afin de plaire à son père qui espérait le voir un jour un brillant avocat et un savant magistrat, il désirait donner tout le temps possible à l'étude du droit et il se préparait, avec quelque répugnance, à entrer au barreau. Il exposait à un de ses amis l'anxiété qu'il éprouvait alors et lui écrivait : " Tout en reconnaissant dans le "passé de ma vie cette conduite providentielle que je " ne cesse pas d'admirer, je ne puis m'empêcher de "jeter un regard défiant et un peu sombre sur l'avenir. " Le moment de se choisir une destinée est un " moment solennel, et tout ce qui est solennel est " triste. Je souffre de cette absence de vocation qui " me fait voir la poussière et les pierres de toutes les " routes de la vie, et les fleurs d'aucune. En parti- "culier, celle dont je suis le plus près maintenant, " celle du barreau, m'apparaît moins séduisante. J'ai " causé avec quelques gens d'affaires ; j'ai vu les

misères auxquelles il faudrait se résigner pour obtenir d'être employé, et les autres misères qui accompagneraient l'emploi. On a coutume de dire que les avocats sont les plus indépendants des hommes ; ils sont au moins aussi esclaves que les autres, car ils ont deux sortes de tyrans également insupportables : les avoués au commencement et les clients plus tard." *

Malgré son aversion pour la voie que son père désirait le voir suivre, Ozanam se préparait par de longues et solides études à ses derniers examens qu'il subit sans difficulté. La même année (1837) il soutint avec distinction sa thèse pour le doctorat en droit.

Pendant les cinq années de son ^séjour à Paris, Ozanam avait eu des rapports presque journaliers avec les hommes les plus distingués dans les sciences et dans les lettres. Il avait passé bien des heures agréables et utiles dans les bibliothèques, où en cherchant des renseignements, il avait découvert des trésors. Il avait donné à l'établissement de la Société St. Vincent de Paul toute son activité et son énergie et il continuait à surveiller son fonctionnement et ses progrès avec amour. Maintenant que ses études étaient finies, qu'il était reçu avocat, il lui fallait dire adieu à toutes ces occupations et briser tous ces liens

* Lettres d'Ozanam 1 1, p. 209 2e édit.

que l'amour commun des lettres et des sciences avait si bien resserrés. Il n'avait plus aucune raison à donner pour rester à Paris, et à Lyon, son père l'attendait avec impatience. On préparait pour le nouvel avocat un bel et grand cabinet où l'on avait apporté un assez grand nombre de livres pour lui former une bibliothèque. Quel bonheur pour ce bon père de revoir son fils et de le revoir entré dans la voie où semblaient aboutir toutes les ambitions paternelles ! Mais hélas ! ce père bien aimé ne devait pas vivre assez longtemps pour assister aux triomphes professionnels et littéraires de son fils.

Ozanam était encore à Paris lorsqu'il apprit la mort de son père. Le docteur Ozanam, malgré ses fatigues et ses chagrins, avait toujours joui d'une forte santé ; un accident seul semblait pouvoir triompher de ce robuste tempérament. Malheureusement ce déplorable accident eut lieu et fut la cause de sa fin prématurée. Le 12 Mai 1837, vers la fin du jour, il prit l'escalier qui descendait à une cave, pour celui qui montait à l'étage où l'appelaient ses affaires. Il tomba sur la tête, et ne survécut qu'environ quatre heures à cette épouvantable chute.

Le jour même, tout en dînant, il disait : "La mort " n'est rien, mais les jugements de Dieu sont redou- " tables. " Heureusement il était prêt à y paraître, car il y avait à peine trois ou quatre jours qu'il s'était confessé, et Dieu lui donna le temps de recevoir les derniers sacrements, dont il avait lui-même procuré

les bienfaits à plusieurs de ses malades ; il n'avait encore que soixante et quatre ans. *

Il est plus facile de s'imaginer que d'exprimer le chagrin profond qu*Ozanam ressentit à la nouvelle de ce triste accident, car il professait pour son père la plus grande admiration et surtout le plus tendre amour. Comme il n'existait pas alors de communication par chemin de fer entre Paris et Lyon, ce ne fut que le sixième jour qu'il arriva au milieu de sa famille. Il y trouva sa mère bien faible et bien souffrante.

M. le docteur Ozanam était très estimé et très respecté dans sa ville natale. Avant d'étudier la médecine, il avait servi dans l'armée, sous Napoléon, et s'était acquis une grande réputation de bravoure. Devenu capitaine des hussards, il reçut dans une seule campagne cinq blessures, et fut envoyé comme parlementaire près du général Souwarow dont il obtint tout ce qu'il était chargé de demander. Il se distingua aussi en faisant prisonnier le Prince de la Cattolica, général Napolitain, qu'il emmena à Bologne et plus tard, il s'empara de l'étendard des uhlans de Kerazinski, et le présenta à Bonaparte.

Comme médecin, le père de Frédéric Ozanam s'était fait une grande réputation et une bonne clientèle dans la ville qu'il habitait. Il écrivit pour la Société médicale de Lyon et pour celle de Montpellier, deux

* Vie de Frédéric Ozanam par M. l'abbé Ozanam.

dissertations qui lui valurent des médailles d'or. Ces ouvrages étaient écrits en latin, comme c'était assez l'usage. En 1814, il reçut la décoration de l'ordre de la couronne de fer du royaume d'Italie pour ses services et sa générosité dans les hôpitaux qui regorgeaient alors de malades et de blessés français, italiens et autrichiens.

Il publia plusieurs ouvrages entr'autres un livre important intitulé : Histoire médicale générale des maladies épidémiques contagieuses qui ont régné en Europe depuis les temps les plus reculés et notamment depuis le XI V siècle jusqih'h nos jours.

Le père d'Ozanam était profondément religieux. Ce brave et brillant officier de hussards suivait toujours la procession de la Fête-Dieu, un cierge à la main, comme membre de la confrérie du Saint Sacrement. Dans la famille les prières se faisaient toujours à haute voix et en commun.

Au milieu de son grand deuil et de son profond chagrin, Ozanam éprouvait aussi les plus vives inquiétudes poua- sa bonne mère. Voici d'ailleurs comment il exprime toutes ses tristesses, toutes ses angoisses. A un ami intime, il écrivait en date du 1er Juin 1837: "Vous savez, vous aussi quelle solitude fait dans une famille la perte d'un de ses chefs, si la mort d'une mère est plus déchirante pour ses fils, celle d'un père est plus accablante : elle fait peut-être verser moins de larmes, mais elle laisse après elle une sorte de terreur. Comme un ieune enfant.

habitué à vivre à l'ombre d'antrui, si on le laisse pendant une heure seul dans une maison, pénétré du sentiment de sa propre faiblesse s'effraye et se met à pleurer ; de même lorsqu'on vivait si paisible à l'ombre de cette autorité paternelle, de cette providence visible en qui l'on se reposait de toutes choses, en la voyant disparaître tout à coup, en se trouvant seul chargé d'une responsabilité inaccoutumée au milieu de ce monde mauvais, on éprouve un des plus douleureux sentiments qui aient été préparés depuis le commencement du monde pour châtier l'homme déchu. Il est vrai que ma mère est encore là pour m'encourager de sa présence et me bénir de ses mains ; mais abattue, souffrante, me désolant par les inquiétudes que sa santé me donne. Il est vrai que j'ai d'excellents frères ; mais quelques bons que soient ceux dont on est entouré, ils ne peuvent suppléer à l'absence de ceux dont on était protégé ; moi surtout d'un caractère irrésolu et craintif, j 'ai besoin non-seulement d'avoir beaucoup d'hommes meilleurs que moi autour de moi, mais d'en avoir au-dessus de moi ; j'ai besoin d'intermédiaires entre ma petitesse et l'immensité de Dieu : et maintenant je suis pareil à celui qui, demeurant dans une région orageuse, sous l'abri d'un large toit, en lequel il aurait mis sa confiance, le verrait brusquement s'écrouler et resterait perdu sous la voûte infinie des cieux." Le fragment suivant d'une lettre qu'il adressait

alors à M. Ampère fils, donne, en même temps qu'une idée de sa douleur, une nouvelle preuve de la sincère reconnaissance qu'il avait vouée à cette illustre famille. " L'année dernière, écrivait-il, vous aviez perdu à " cette époque un excellent père, la France une de " ses gloires, moi un patronage qui honorait et encou- " rageait ma jeunesse. Mon deuil se confondait avec " le deuil général qui devait être une des consolations "du vôtre. Toutefois vous voulûtes bien m'admettre " d'une manière plus intime à partager vos douleurs. " Je me souviens d'un jour où vous vîntes me visiter " dans ma petite chambre ; tous deux nous avions les "larmes aux yeux; je vous disais combien je me " sentais pressé de retourner dans ma famille, de " profiter de toutes les heures que le ciel accorderait " à mes vieux parents. L'exemple de votre malheur " me faisait penser en frémissant à la possibilité d'un " malheur semblable."

" Aujourd'hui, vous le savez, ces tristes pressen- " timents se sont réalisés, et les sévérités de la Pro- " vidence se sont aussi appesanties sur moi. Moi aussi, " pendant une courte absence, j'ai reçu une alarmante " nouvelle; je suis arrivé, il était trop tard ; je suis " arrivé pour embrasser ma mère et mes frères seu- " lement: mon père les avait quittés; il n'était plus " là ; il n'y devait plus être ; je ne lui avais dit qu'un " adieu de trois mois, et je m'en trouvais séparé de " tout l'intervalle de la vie. Ceux qui ne l'ont pas " éprouvé ne peuvent dire quel vide fait la privation

*' d'un seul honime,quand tant de respect et d'amour "l'entourait, quand on avait coutume de faire tant " de choses à cause de lui et de se reposer sur lui de " tant de choses, quand il était vraiment parmi les " siens la présence visible de la Divinité."

Ozanam après la mort de son père, étant chargé de régler les affaires, comprit bientôt que les revenus de la succession étaient insuffisants. Il prit alors la résolution de faire tout en son pouvoir pour obtenir une charge qui lui permît d'aider à sa famille.

La ville de Lyon avait obtenu du gouvernement la création d'une chaire de droit commercial et elle avait demandé au ministre pour premier titulaire son jeune et déjà savant concitoyen Ozanam. Grâce à la complication des rouages administratifs cette nomination n'était pas chose facile, il fallait faire bien des démarches et mettre en cause bien des influences. Enfin un plein succès vint couronner l'entreprise de la ville et les espérances d'Ozanam furent exaucées. Le 6 juillet 1839,M. Cousin annonçait au jeune savant sa nomination à la chaire de droit commercial créée à Lyon. " J'aurais bien aimé, ajoutait-il, vous voir " dans mon régiment, mais je n'en désespère pas, et, " en tout cas, je suis sûr, qu'avec ou sans moi, vous " aimerez et servirez toujours la vraie philosophie. " Ne m'oubliez pas trop; car vous êtes sûr de trouver " toujours en moi un ami."

Ozanam professa le droit commercial à Lyon, durant une année scolaire seulement (1839-40). Une foule

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immense assistait à la séance d'ouverture. Le professeur continua son cours au milieu d'un nombreux auditoire qui admirait en lui " la solidité d'un vieux docteur et la verve d'un jeune érudit. *

Une fois les affaires de la famille réglées. Ozanam malgré toutes ses répugnances ne tarda pas à se faire inscrire au tableau des avocats du barreau de Lyon. L'aversion que ressentait notre jeune savant pour la pratique de sa profession, n'était pas due seulement à l'aridité de l'étude du droit comparée aux travaux littéraires vers lesquels il se sentait naturellement porté, mais encore, et surtout, au malaise où se trouvait continuellement son âme délicate en face des injustices et des bassesses qu'il rencontrait parmi les gens d'affaires. Il aimait assez à plaider et s'en acquittait fort bien. Il donnait souvent des consultations et rédigeait nombre de mémoires pour des contestations entre commerçants. Tout en étant frappé par la modestie dont il fait preuve dans la lettre suivante qu'il adressait à un ami pour lui faire connaître ses occupations au barreau, on remarque qu'il n'était pas sans ambition, ni insensible aux triomphes oratoires. " Vous intéresserai-je, écrivait-il, en vous disant deux " mots de la vie que je mène ici ? C'est toujours cette " vie bizarre entre des études inconstantes et des " occupations importunes. Je compte irrévérencieu-

* Maxime de Montrond, Frédéric Ozanam, p. 10 h.

sèment parmi ces derniers les rares plaidoieries qui me conduisent au Palais. La fameuse affaire d'interdiction, pendante à l'époque de votre départ, a été plaidée deux fois depuis, et se jugera peut-être demain. En deux autres occasions, j'ai dû porter la parole à la barre du tribunal civil et à la police correctionnelle pour de minimes intérêts. Cette semaine les assises m'ont donné beaucoup de besogne. Lundi, un pauvre homme, défendu par moi, a été condamné à cinq ans de travaux forcés, non pas tant pour un crime qui n'a pas été prouvé, que pour des antécédents détestables qui étaient trop certains. Avant-hier, la scène avait changé ; et si, présent en notre bonne cité, votre mauvais génie vous eût conduit à la grande salle de l'hotel-deville, vous eussiez vu le plus humble de vos serviteurs aux côtés de Pitrat, le directeur de la " Gazette du Lyonnais j^^ citée pour attaque au gouvernement du roi ; vous auriez entendu une longue harangue du ministère public, requérant contre le chétif journal toutes les sévérités de la loi, et le jeune défenseur s'efforçant, selon sa louable coutume, d'occuper une place neutre eutre l'accusateur et l'accusé; et de justifier le second sans irriter le premier. Vous auriez ouï un homme d'Etat de vingt quatre ans, se prononçant avec une imperturbable audace sur les plus hautes questions du droit constitutionel, et sur les causes des plus illustres faits contemporains. Je ne sais si, comme la presque

" totalité de l'auditoire, vous eussiez après les débats, " compté sur un verdict d'acquittement ; mais je sais " fort bien que, n'étant pas sourd, vous auriez entendu " prononcer une condamnation qui, pour n'être point " trop sévère, n'en a pas moins désappointé le défen- " seur et le défendu. On m'a vraiment complimenté " sur mon discours ; mais vous le savez, mes pauvres " paroles ont ce bonheur d'obtenir des félicitations " quelquefois, des convictions jamais. Voilà, mon " cher ami, la plus mémorable scène de cette vie de " barreau, laquelle j'ai l'avantage de mener deiniis " quatre mois, jugez du reste."

Aussi, quand Ozanam fut obligé de se rendre de nouveau à Paris, vers la fin de 1836, pour les épreuves du doctorat es lettres, ce qu'il quittait avec le plus de regret, ce n'était pas assurément ses occupations professionnelles ni sa clientèle, mais sa bonne mère dont l'état de santé était très alarmant. Il fallait cependant se décider, car il y avait longtemps que le jeune savant désirait ce diplôme. Les épreuves eurent lieu au milieu d'une pompe inaccoutumée, et les séances furent très intéressantes ; nous en empruntons les détails à M. l'abbé Ozanam.

" Le sujet de sa thèse latine était : Defrequenti apud ^^ veteres poetas her'ôum adinferos descensu. C'est-à-dire " sur la fréquente fiction de la descente des héros " aux enfers chez les poètes de l'antiquité. Elle était " dédiée à son père. Dans sa thèse française, il trai- " tait : De la divine Comédie et de la Philosophie de

" Dante. Elle était dédiée à M. de Lamartine, à M. " Ampère fils et à M. Noirot, son ancien professeur de " philosophie.

" Outre un auditoire très nombreux, neuf profes- " seurs de la faculté des lettres y assistaient ; plusieurs " d'entr'eux pourtant ne l'étaient plus comme titu- " laires, tels que M. Villemain et M. Cousin, M. de " Lacretelle, qui avait soixante-quatorze ans, était au " nombre des examinateurs. Il était professeur d'his- " toire à la faculté des lettres de Paris depuis 1809 ; " son cours était un des plus suivis. Il posa à Ozanani "cette question: Quels ont été au XVI^- siècle les " maîtres de la langue française et de la littérature ? " Ozanam dans sa réponse, plaça en tête saint Fran- " çois de Sales, puis, par ordre de date, avec leurs " caractères divers, Rabelais, Michel Montaigne, Char- " ron, Etienne Pasquier, etc. Alors le vieux professeur, " qui n'avait probablement jamais lu saint François " de Sales, se recria sur la priorité donnée à ce dernier. " Ozanam donna ses raisons. * M. de Lacretelle niulti- " plia ses objections, mais il tombait souvent à faux, et " son contradicteur, le serrait de près, ne laissait rien " passer sans le relever.

" Cependant la lutte s'échauffait ! A l'occasion de

* Ses raisons étaient si vraies, si concluantes qu'elles furent comme le prélude du jugement que porta quarante ans plus tard le souverain pontife, en proclamant saint François de Sales docteur de V Eglise. {M. Vahhé Ozanam.)

" la littérature, on ne tarda pas à mettre en jeu les " convictions. On ne pouvait amener Ozanam sur " un terrain qui lui assurât mieux la victoire : philo- " logie aussi bien que science de l'expression ; philo- " Sophie comme doctrine de fond ; origine de notre " langue, ses oscillations au XV^ siècle, ses sources " dans les idiomes grec, latin, germanique, et jusqu'aux " racines émanées des langues orientales ; tout fut " exploité par le candidat avec une surabondance et " surtout avec une verve incomparable. Le vieux " professeur aux abois s'arrêta, forcé de ne plus reven- " diquer autre cho^e que le respect dû à ses cheveux " blancs."

D'autre part l'argumentation sur le Dante eut un tel succès que M. Cousin intervint en s'écriant avec enthousiasme : Monsieur Ozanam, il est impossible " d^être plus éloquent que vous. Ces paroles qui expri- " niaient si bien l'admiration de tous les auditeurs, " furent couvertes des applaudissements unanimes " de l'assemblée. Jamais thèse ne fut passée d'une " manière plus brillante.

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