‹ Frédéric OzanamChapitre 41 sur 42 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

PORTRAIT D'oZANAM PAR M. CARO. — SON CARAC- TÈRE d'après l'abbé OZANAM. — AUTRES RENSEIGNEMENTS.

L'abbé Ozanam nous dit qu'aucun des portraits de son frère ne lui ressemblait complètement, et que M. Caro avec sa plume avait mieux réussi que les artistes avec leurs pinceaux. Les traits d'Ozanam n'avaient d'autre expression que celle des sentiments qui agitaient son âme. De là cette mobilité qui a fait le désespoir de tous les artistes qui ont essayé de les saisir et de les reproduire. Nous allons mettre sous les yeux du lecteur cette peinture faite par un ancien élève d'Ozanam, car nous sommes persuadé qu'on aimerait à connaître la physionomie de celui dont nous venons d'esquisser la vie et d'analyser les œuvres les plus importantes.

" Ozanam, disait cet académicien, n'avait pour lui " rien de ce qui prédispose en faveur d'un homme, *' ni la beauté, ni l'élégance, ni la grâce. Sa taille " médiocre, son attitude gauche et embarrassée, des " traits incorrects, un teint pâle, une extrême faiblesse '' de vue, qui donnait à son regard quelque chose de

' trouble et d'indécis, une chevelure longue et en dé- ' sordre, lui composaient une physionomie assez étran- ' ge, mais on ne pouvait rester longtemps indifférent à ' cette expression de douceur et de bonté, transmise ' du cœur à travers un masque un peu lourd, mais ' qui n'était disgracieux qu'à première vue. Que la ' vraie beauté est belle et que cette beauté est rare ! ' Joignez à cela un sourire d'une très spirituelle ' finesse, et à certains moments un épanouissement ' d'intelligence sur cette physionomie transformée, 'comme si elle se fût ouverte pour laisser passer un 'rayon de l'âme; ajoutez enfin, comme dernier trait, ' l'habitude de souffrir avec calme, marquée dans ' cette expression singulière de sérénité douloureuse, ' qui devint chez lui dominante dans les deux der- ' nières années de sa vie; on conviendra qu'à ce prix, ' l'irrégularité des traits importe peu et que le plus dif- ' ficile des hommes se résignerait à être laid de cette ' charmante manière. D'ailleurs, Ozanam était à mille ' lieues de penser à tout cela, et je gagerais bien qu'il ' n'a pas perdu une minute de sa vie laborieuse à se ' demander si sa laideur avait du charme ou n'en ' avait pas. C'était de tous les hommes le plus étran- ■ ger et le plus indifférent à ces sortes de choses, et • il avait bien raison de ne pas s'en soucier.

" Comme il y avait de la gêne dans son maintien, ' il y avait aussi de l'embarras, et presque de la gau- ' chérie dans ses premières paroles. Son élocution, ' au début, semblait souffrir d'une sorte de timidité

*' physique; elle était difficile, lente, et ne se dégageait " qu'avec peine d'une certaine obscurité. Elle n'osait ''s'enhardir que peu à peu, sous cette piessio» de " la dialectique intérieure de la pensée que l'obs- " tacle provoque ou que la sympathie échauffe. Les "premiers moments étaient toujours à l'incertitude " et au trouble, aussi bien dans une conversation pri- " vée, en tête à tête avec un écolier, que dans un en- " tretien écouté, au milieu d'un salon ; dans la chaire "modeste du collège comme dans cette chaire de la "Sorbonne, qui, de temps à autre, n'était pas sans " avoir quelque air de tribune.

" Mais cette mauvaise honte cédait bientôt, non pas " tant au légitime sentiment d'une supériorité qui se "rend justice à elle-même, qu'au vaillant effort d'une "volonté pour laquelle c'était un devoir de produire " les idées avec toute la force et la chaleur qu'on doit " mettre au service de la vérité ; son talent était encore "de la conscience. Ces singulières timidités d'une " pensée qui s'effrayait d'elle-même, se marquaient " visiblement dans son écriture tourmentée, inégale, " surchargée de ratures. Une lettre, des notes éparses, " une page destinée à la publicité, tout ce qui sortait " de sa plume portait l'empreinte d'un labeur diflicile, " d'un goût inquiet, toujours mécontent de son œuvre, " et d'une certaine indécision, hésitant entre les formes " diverses et les nuances d'une idée. Il y avait de " tout cela dans Ozanam quand il était de sang-froid. " Mais le travail de l'idée produisait l'enthousiasme,

" et tous ces embarras disparaissaient : la parole et le " style devenaient tout d'un coup vifs, impétueux ; "en un instant tout changeait de face, l'homme trop " défiant de lui-même disparaissait dans l'orateur, ou " dans l'écrivain sûr de la vérité."

M. l'abbé Ozanam, pour compléter ce portrait, nous fait connaître dans les phrases suivantes quelques points saillants du caractère de son frère.

" Frédéric, dit-il, malgré sa constitution frêle, assez "délicate et sujette à une infinité de petites indispo- "sitions, avait toutefois une excellente poitrine, et " un timbre de voix plein et sonore. Il était infati- " gable à la marche, comme nous l'avons dit ailleurs. "Il fallait bien encore qu'il eût une santé assez forte " pour soutenir en plusieurs mois, des travaux de seize " heures par jour. A part deux ou trois grandes mala- "dies dont il fut atteint, il ne se trouva presque "jamais forcé de suspendre ses occupations ni de " garder la chambre.

" Son tempérament éminemment nerveux le rendait " très irritable et le portait à l'impatience ; mais toute " sa vie, et même dès son enfance, il combattit avec " courage ce mauvais penchant. Tout jeune encore, " lorsqu'on venait à le contrarier et qu'on le poussait à " bout, il s'écriait d'une voix alarmée : " Finissez, finis- " sez, vous allez me faire mettre en colère." On con- " çoit qu'avec une disposition semblable jointe à l'es- " prit de droiture et aux sentiments nobles et délicats "que nos excellents parents nous avaient inspirés dès

' l'âge le plus tendre, Frédéric dut trouver, dans ses ' nombreux rapports avec des hommes de toute condition, de fréquentes occasions d'exercer sa patience. ' Elle lui échappait bien quelquefois comme à tout 'enfant d'Adam, mais, le premier mouvement passé, 'il en devenait tout confus, s'en repentait amère- ' ment, et réparait généreusement sa faute en allant ' humblement présenter ses excuses à ceux qu'il ' croyait avoir offensés. Plusieurs fois nous avons été ' témoin nous-même de ces scènes édifiantes ; nous ' n'en citerons qu'un seul exemple. Un Italien, au- 'quel il s'était intéressé, avait abusé de sa protection. ' Lorsqu'il revint se présenter à lui, Ozanam l'accueil- ' lit fort mal et le renvoya avec humeur ; mais à l'ins- ' tant même il eut du remords; il prit aussitôt son 'chapeau, courut après lui, le rejoignit et lui donna ' avec l'aumône une preuve de la peine qu'il éprou- 'vait de lui avoir parlé un peu rudement. "Il ne 'faut jamais, dit-il ensuite, réduire un homme au ' désespoir. On n'a pas le droit de refuser un morceau 'de pain au plus vil scélérat. Il ajoutait que lui- ' môme, un jour, aurait besoin que Dieu ne fût pas ' inexorable pour lui, comme il venait de l'être ' pour une de ses créatures rachetées au prix de son ' sang. (*)

(*) Il se trouve des traits d'une resseinblance frappante avec celui-là dan8 la vie d'un de nos hommes d'État canadiens. Voyez a biographie de M. Morin par M. David.

" Son caractère indécis le rendait très sévère pour ' lui-même, quoique fort tolérant pour les autres. ' Lorsqu'il avait une décision à prendre, ce qui lui ' coûtait infiniment, on était certain qu'il se détermi-

• nerait toujours pour le parti le plus rigoureux (en-

• vers lui-même), estimant, à tort, qvi'il était le plus ' sûr...

" La tolérance fut l'un des principaux caractères ' qui distinguèrent et honorèrent la vie d'Ozanam. ' Elle était une effusion de son ardente charité. Toute- ' fois, lorsqu'il s'agissait du dogme ou des droits de ' l'Eglise, on le trouvait comme un mur d'airain. ' Jamais il ne fit sur ce sujet l'ombre d'une conces- ' sion ; jamais il ne dissimula ni ne chercha à atté- ' nuer un seul article de la foi.

Avec un cœur si tendre et si aimant pour tous ' ceux qui Tentouraient, si compatissant pour tous ' ceux qui s'étaient égarés dans les sentiers de l'er- ' reur, est-il étonnant qu'Ozanam ait eu toute sa ' vie un dévouement sans bornes pour les pauvres ? ' Le germe en efiet a été puisé, il est vrai, dans le ' cœur de son père et de sa mère, qui rivalisaient de ' zèle pour voler au secours des indigents. Dès sa plus ' tendre enfance, Frédéric s'apitoyait sur le sort mal- ' heureux des petits ramoneurs dont le cri se faisait ' entendre pendant l'hiver. Plus tard la foi vint sur- ' naturaliser et développer cette précieuse sensibilité, ' qui n'était encore qu'un, simple héritage accordé ' par la nature. Il voyait dans les pauvres les mcm-

'* bres souffrants de Jésus-Christ, s'étudiant surtout à " apporter dans le bienfait ces ménagements qui font *' oublier à l'assisté son infériorité apparente. Il cher- " chait encore à recueillir de ses visites charitables " des leçons pour sa propre conduite, tantôt il admi- " rait la patience et la résignation de ces protégés, " tantôt il voyait dans leur dénuement la condamna- " tion du luxe et du bien-être. L'instabilité des choses " humaines lui apparaissait d'une manière frappante " lorsqu'il rencontrait, ce qui n'était pas rare, des " familles déchues de leur ancienne prospérité ; et il " en concluait le détachement que l'on doit avoir " des biens de ce monde; puis remerciait la Provi- " dence de lui avoir épargné de semblables épreuves, " à cause de sa faiblesse. Ces études chrétiennes étaient " précisément un des avantages les plus précieux " qu'il faisait valoir auprès des jeunes gens appelés à " faire partie de la Société Saint-Yincent de Paul...

" Malgré tout le zèle qui animait Ozanam pour ses " œuvres de charité, il était cependant loin de négli- " ger pour cela les travaux de sa profession. Comment " celui qui prononça, au collège Stanislas, dès le dé- " but de sa carrière, cet admirable discours sur la " puissance du travail (*), aurait-il pu se contredire " dans sa conduite? Persuadé, à juste titre, que le '* travail est une loi divine à laquelle personne ne

(*) Œuvres complètes d'Ozanam. Mélanges, T. II, p. 1.

'' peut se soustraire sans forfaire aux desseins et à la " volonté de Dieu, il n'admettait pas qu'on travaillât " par seule passion pour la science, ou bien encore " pour le seul but de la richesse, du plaisir et du re- " pos, pour ne plus travailler un jour. "J'écris, disait- " il, parce que Dieu ne m 'ayant pas donné la force " de conduire une charrue, il faut néanmoins que " j'obéisse à la loi du travail, et que je fasse ma jour- " née." (*)

Ozanam aimait à dire: je gagne mon pain ', et lorsque la maladie l'empêchait de travailler, il s'écriait avec douleur, comme son cher patron saint Vincent de Paul : " Misérable que je suis, je mange un pain que je n'ai pas gagné." Il pensait alors à^ Notre-Seigneur travaillant dans l'atelier de saint Joseph, et ce souvenir lui avait inspiré quelques vers charmants où il disait :

Je suis un ouvrier, un obscur mercenaire

Qui travaille humblement dans l'atelier du Père.

Outre les travaux dont nous avons essayé de donner une analyse, Ozanam a laissé un riche trésor de notes du plus haut intérêt, et qui témoignent de la vaste étendue de son érudition. " Ces notes, dit l'abbé " Ozanam, sont une vraie merveille. Ce ne sont pas

(*) Introduction à l'histoire de la civilisation aux temps barbares.

'• des chiflbns de papier griffonnés à la hâte, ce sont '' des sommaires tracés avec la plus grande netteté et ^' la plus grande correction. L'écriture même est soi- " gnée et, comme toujours, fixe et ferme. Ce sont des " pierres préparées d'avance qui devaient trouver leur " place dans le grand édifice qu'il se proposait d'éle- " ver. Tout l'enchaînement des idées s'y trouve. Assez '• souvent, parmi ces notes, on rencontre des passages " entièrement rédigés et remarqua])les par la justesse " de l'aperçu et le bonheur de l'expression.

" L'ouvrage sur les origines germaniques s'arrête " à Charlemagne. L'histoire de l'Allemagne jusqu'au " XIII^ siècle avait été le sujet de plusieurs cours " dans lesquels Ozanam avait traité la poésie cheva- " leresque, populaire, satirique du moyen âge en " Allemagne. Tous les matérieux de ces cours se " retrouvent dans des notes presque toutes inachevées " et inédites.

" Une masse considérable de notes sur l'Italie " montre qu'il était beaucoup plus avancé pour cette " partie de la tâche. Il avait tracé le plan d'une his- " toire delà commune de Milan, qui devait faire partie " d'un ouvrage historique sur les communes italien- " nés. Son dessein était de suivre la marche de la " civilisation et des lettres depuis le cinquième siècle "jusqu'au treizième, c'est-à-dire jusqu'aux poètes " franciscains et à Dante, dont la figure majestueuse " devait apparaître au sommet de l'édifice.

" Parmi les innombrables notes qu'il a laissées, on

" trouve encore celles d'un cours sur l'histoire litté- " raire de l'Angleterre, à partir du sixième siècle, où " il est traité avec détails des moines irlandais, des " couvents anglo-saxons, de Bèdeet d'Alfred le Grand.

*' En parcourant ce vaste ensemble de notes, de " leçons, d'écrits, dit M. Ampère, on croit parcourir " l'atelier d'un sculi^teur qui aurait disparu jeune "encore, et qui aurait laissé beaucoup d'ouvrages " arrivés à un inégal degré de perfection. Il y a des '' statues terminées et polies avec une extrême dili- "gence; il en est qui ne sont qu'ébauchées, mais " toutes portent l'empreinte de la même âme et la " marque de la même main."

Un très grand travail qu'il avait entrepris et que nous nous reprochons d'avoir à peine indiqué, c'est la traduction de la Divine Comédie, traduction accompagnée de commentaires. Ces commentaires n'étaient autre chose que les notes de son cours sur Dante. Il avait imaginé de faire pour ce cours une traduction de tout l'ouvrage afin de mieux faire goûter à son public l'œuvre sublime dont tout le monde ne pouvait comprendre le texte.

La partie du Purgatoire seule à été complétée et publiée après sa mort. Pour chaque chant il avait quelquefois refait son commentaire comme on refait une leçon pour le publier. D'autres fois on n'a plus retrouvé que les notes, qui ont été données dans l'état où elles avaient été laissées.

Assez singulièrement, c'est le Purgatoire qui occupe

le moins l'attention de l'auteur dans la grande étude dont nous avons rendu compte : Dante et la 'philosophie catholique. Et cependant, étant données la tournure d'esprit d'Ozanam, la douceur et la mélancolie de son caractère, sa charité pour tous ceux qui soviffrent et dont les souffrances peuvent être soulagées, c'est bien cette partie de l'œuvre du poète chrétien qui devait le plus attirer ses sympathies. Le dogme catholique de l'expiation des fautes dans une autre vie, et de la communion des saints, était bien fait pour le toucher et le séduire. Aussi, dans sa belle traduction et dans son commentaire, l'on voit combien ce chant de la douleur et de l'espérance avait eu de prise sur son imagination.

Suivant avec anxiété les événements qui se précipitaient en Europe au moment où il faisait ce cours (1847-1850), et rempli surtout d'amour pour Pie IX et d'espérance dans les idées généreuses du nouveau pontife, Ozanam ne put s'empêcher, à plusieurs reprises, de faire allusion à la politique contemporaine. On retrouve dans le commentaire quelques fragments de leçons où il s'est ainsi donné carrière.

** Sans doute, dit M. Heinrich, dans sa préface, nous " sommes de ceux qui pensent qu'en des temps plus " calmes, la chaire du professeur doit être un sanc- " tuaire fermé à tous les bruits du dehors : peut-être " même en forions-nous une règle invariable et abso- " lue. Toutefois, dans ces moments d'agitation où se " décident les destinées des peuples, à Paris surtout,

" OÙ l'opinion sagement éclairée peut exercer une si " décisive influence, l'homme de bien en possession de " la parole pouvait-il hésiter à faire entendre à lajeu- " nesye de salutaires conseils ? Chez M. Ozanam, le " professeur n'était point séparé du chrétien ardent, " du libéral sincère, du serviteur infatigable de la " vérité et de la justice. Dante, avec ses allusions per- " pétuelles à la vie orageuse des républiques italien- " nés, à la papauté, à l'empire, aux prétentions de " monarchie universelle des Césars germains, sem- " blait redevenir comtemporain de ces jours où " l'Italie crut recouvrer son indépendance et sa gloire " à la voix d'un généreux pontife, mais où bientôt " aussi trop faible contre ses ennemis du dehors, et " ingrate envers celui qui avait fait lever sur sa pa- " trie l'aurore d'une liberté nouvelle, elle vit à Novare *' la défaite de son armée, et dans les murs de Rome " la plus odieuse des révoltes. L'écho de toutes ces " souffrances se fait entendre dans les notes élo- *' quentes ajoutées à ces chants diiPibrgatoire,8i pleins, " eux aussi, des souvenirs de la défaite des meilleures " causes ou de la punition méritée des faiblesses des " hommes et des crimes des partis."

" La traduction, dit M. Ampère, a été faite avec " trop d'amour pour n'être pas d'une religieuse fidé- " lité ; elle est ce que doit être une traduction littérale " et française. On ne peut plus supporter aujourd'hui " que des traductions exactes. La liberté des traduc- " teurs me semble être la seule liberté qu'il faille in-

" terdire ; car, se mettre à la place de ceux qu'on fait " parler, c'est un mensonge et un abus de confiance...

" Autant qu'il était permis d'être dantesque sans *' être barbare, Ozanam l'a été. En le lisant, on con- " temple Dante à travers un voile, mais un voile " aussi léger et aussi transparent que possible. On y " trouve ce qui est plus important encore que la fidé- " lité des détails, la fidélité de l'ensemble. On y sent *' d'un bout à l'autre cette suavité mélancolique qui " donne au Purgatoire un charme si pénétrant, une " beauté si attendrissante, et que Tâme noble et douce, " passionnée et souffrante d'Ozanam était bien faite " pour exprimer."

Ces nombreux et imposants travaux d'Ozanam lui ont procuré, sans les avoir cherchées, de justes récompenses et de flatteuses distinctions.

" Ozanam fut nommé :

" Membre correspondant de l'Académie Tiberine de " Rome, le 27 décembre 1841 ;

" De l'Académie des Arcades de Rome, le 13 Janvier " 1842 ;

" Chevalier de la Légion d'Honneur, le 6 mai 1846 ;

" Membre de l'Académie de la Religion catholique " de Rome, le 23 avril 1847 ;

" Membre correspondant de l'Académie royale de " Bavière, le 2 janvier 1847;

" Membre de l'Académie de Lyon, le 1er janvier " 1848. Celle-ci a fait sculpter en marbre le buste d'O- " zanam, et l'a placé dans la salle de ses séances ;

" L'Académie française et eelle des Inscriptions et " des Belles-Lettres lui ont décerné deux années de " suite, en 1849 et 1850, le prix Gobert ;

" Membre de l'Académie délia Crusca, à Florence, " en mai 1853 ;

" Enfin, le 26 août 1856, trois ans après sa mort, l'A- " cadémie française couronnait la " Civilisation au " cinquième siècle, " en lui accordant le prix de haute " littérature fondé par M. Bordin.

" Presque sur le seuil du tombeau, nourrissant en- " core quelque espérance de guérison, Ozanam se plai- " sait à rêver son entrée à l'Académie française. On le " pressait de se mettre sur les rangs ; mais bientôt il " comprit qu'il devait aspirer à une gloire plus élevée " et plus durable, à celle que Dieu réserve à ses élus."

Cependant, même sur cette terre, un rayon d'immortalité couronnera toujours son nom et sa mémoire. Car sur ce monument indestructible élevé en l'honneur de la charité, la Société Saint- Vincent de Paul, le nom d'Ozanam se trouve gravé en lettres d'or, tandis que les œuvres de l'illustre professeur seront lues en tout pays et en tout temps, à la plus grande gloire du christianisme et de la France.

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