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FRÉDÉRIC OZANAM 9 docteurs. Les questions traitées dans cette polémique et les arguments du jeune défenseur de l'Eglise peuvent se résumer de la manière suivante.
Personne n'ignore que les disciples de Saint-Simon prétendaient constituer sur de nouvelles bases la propriété, la religion et même la famille. Pour mettre ces innovations en pratique, les prédicateurs demandaient une hiérarchie nouvelle dans la société. Ils prétendaient aussi modifier le mariage, abolir l’hérédité et régénérer la famille en substituant à la filiation naturelle une filiation toute conventionnelle, Bien plus ils préchèrent l'établissement d’un culte nouveau, disant que le catholicisme avait fini son temps et que l'Eglise catholique allait nécessairement succomber sous les coups réunis du protestantisme et de la philosophie, Ozanam répondit dans les journaux, et si bien, que, malgré leurs promesses, aucun des novateurs n’osa entreprendre la discussion avec lui. Après ce premier triomphe Ozanam publia ses Réflexions sur la doctrine de Saint-Simon, où ayant donné un exposé des idées de la nouvelle secte telle que constituée par Saint-Simon lui-même, il présenta un abrégé des croyances et des dogmes catholiques. $es arguments d'ailleurs irréfutables étaient appuyés de preuves fournies par les livres saints et par les docteurs de l'Eglise. Cest ainsi qu'après avoir cité la Bible en plusieurs endroits il reproduit certaines parties des ouvrages de saint Justin, de saint Clément, de saint Augustin
et d'Origène, Plus loin, répondant aux Saint-Simo-
niens qui prétendaient que la religion primitive de l’homme était un fétichisme grossier, il ouvre l’histoire des peuples de l’antiquité la plus reculée, et montre le peuple juif, gardien fidèle des traditions du genre humain, qui ne reconnaît qu'une seule divinité Jehovah où Dieu. Enfin les statistiques les plus indiscutables fournissent la preuve que le nombre des catholiques, depuis le temps de Luther, bien loin d’être diminué, s’est acerû de trente-cinq millions; il y avait donc loin de là à la disparition prochaine de la religion catholique comme les disciples de Saint-Simon le prétendaient !
Pour terminer nous citerons le jugement de M. Ampère, de l’Académie française sur cet opuscule. ‘* À peine âgé de dix-huit ans, dit-il, Ozanam fut en état de publier une brochure contre le Kaint-Simonisme, écrit où l’on sent la jeunesse de l’auteur, qui néanmoins mérite d’être cité à cause du sentiment sincère et courageux qui poussait un jeune homme inconnu à entrer en lice contre une secte qui renfermait des hommes de talent; et dont les prédications avaient eu un certain succès. Cet écrit est encore remarquable par ce qu'on y trouve déjà en germe ia plupart des qualités qui se sont depuis développées chez Ozanam : un goût vif, bien que novice encore, pour l’érudition puisée aux sources les plus variées, de la chaleur, de l'élan, et avec
‘une conviction très arrêtée sur les choses, une
‘ grande modération envers les personnes, J'aime à
mm FRÉDÉRIC OZANAM PL
“ y signaler cette libéralité de vues qui lui faisait re- “ connaitre des sympathies même hors du camp pour & Jequel il combattait, et honorer généreusement, par “exemple, dans ce livre, catholique s’il en fut, les “juttes que la philosophie spiritualiste soutenait “ contre le matérialisme.”