‹ Frédéric Ozanam, sa vie et ses œuvres [microforme]Chapitre 18 sur 65 · CHAPITRE ITT · texte numérisé non relu

CHAPITRE ITT

OZANAM SE REND À PARIS.—TI Y CONTINUE L'ÉTUDE DU DROIT ET CONTRIBUE A FONDER LES CONFÉRENCES DE 8T, VINCENT DE PAUI.—TMPORTANCE DE CETTE ŒUVRE, —$E£s DÉVELOPPEMENTS DANS LE MONDE ENTIER ET PARTICULIÈREMENT AU CANADA.

Nous sommes rendus à une des époques les plus intéressantes de la vie d'Ozanam. Plus tard, à la vérité, nous le verrons publier les ouvrages les plus remarquables par la solidité et la variété des connaissances ; nous le verrons, professeur à la Sorbonne, recueillir des honneurs mérités ; mais ici nous le trouvons tout jeune encore, contribuant à jeter les bases d’une Société dont l'influence a été immense, qui se répand chaque jour, et qui se répandra partout où il y aura un être humain dans la misère et la souffrance: cette gloire qui ne l’estimerait pas autant qu'aucune gloire humaine ! Pour nous surtout qui savons ce que fait dans notre pays, pendant nos longs hivers, cette admirable Société établie dans toutes nos villes, notre admiration

est sans bornes comme paraît l'être aussi la charité

des nombreux associés,

Nous n'entreprendrons pas ici de faire l’historique de la Société St, Vincent de Paul, le temps et l’espace ne nous le permettent pas. T faudrait en effet écrire des volumes pour donner même un abrégé de ce qui a été accompli par cette Société depuis le soir où Ozanan et son condisciple M. Letaillandier, portaient, de leurs propres mains, à un pauvre de leur connaissance le peu de bois qui leur restait pour se chauffer pendant les derniers jours de l'hiver.

Qui pourra jamais énumérer le nombre d’aumônes et d'œuvres de charité, accomplies pur Les Sociétés St.

“ Vincent de Paul depuis la fondation, en 1833, de la

RE AS RUN à

picuse CONFÉRENCE DE CHARITÉ, Composée de huit

membres, à venir jusqu'à nos jours où elles se * comptent par milliers et où elles distribuent pour plus de dix millions d’aumônes par année ?

4 Ozanam arrivait à Paris au commencement de 4 novembre 1831, il n’était âgé que de dix-neuf ans. 4 C'était avec chagrin qu'il s'était éloigné pour la

première fois du toit paternel La tristesse et la mé- “ lancolie restèrent empreintes sur sa figure longtemps encore après son arrivée. Voici en quels termes il décrit à sa mère les désagréments auquels il se trouve exposé, “Je suis fort mécontent et mes griefs sont nombreux. Je suis éloigné de Pécole de droit, des “cabinets de lecture, du centre des études et des “camarades de Lyon; puis ma maîtresse de pension

“a l'air d’être une rusée commère ; ses paroles et ses

‘manières n'ont fait présumer qu’elle est fort affec-

‘tionnée pour la bourse des jeunes gens. Enfin, ct c'est ma grande raison, la compagnie n’y est point bonne, Il y a des dames et des demoiselles, aussi pensionnaires, qui mangent à table avec nous, tiennent le haut de la conversation et dont les discours et la tournure sont extrêmement communs; de ma chambre je les entends pousser de gros éclats de rire, ‘car il faut que vous sachiez qu'il est d'usage ici de se réunir le soir pour jouer aux cartes, et l’on me presse de prendre part à ces jeux. Vous pensez bien

comme j'ai refusé, Ces gens là ne sont ni chrétiens

ni turcs, je suis le seul qui fasse maigre, et par là

méme exposé à mille quolibets. Il est fort désa-

pa =

gréable de se trouver en pareille société.”

Cependant le jeune étudiant ne devait pas rester longtemps dans cette maison, et la Providence qui avait ses vues sur lui, le fit tomber en de meilleures mains. En effet, peu de jours après avoir écrit cette lettre, Ozanum alla faire visite à M. Ampère de lTnstitut, et ce dernier après lavoir interrogé sur sa situation à Paris et le prix de sa pension, lui offrit une chambre très agréable chez Jui en lui disant: ‘Je ‘vous offre la table et le logement chez moi, au ‘même prix que dans votre pension. Vos goûts ct ‘vos sentiments sont analogues aux miens, je serai ‘bien aise d’avoir occasion de causer avec vous. Vous ‘ ferez connaissance avec mon fils qui s’est occupé de “ littérature allemande ; sa bibliothèque sera à votre ‘ disposition. Vous faites maigre, nous aussi; ma

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