CHAPITRE XIV
‘LES POÈTES FRANCISCAINS EN ITALIE.” (suite).—‘ DES SOURCES POÉTIQUES DE LA DIVINE COMÉDIE.”
‘ Le poème de Dante, dit Ozanam, est comme une ‘ de ces basiliques romaines dont on ne veut pas seu- ‘lement visiter le dedans et le dehors, mais aussi le ‘* dessous ; on descend à la lueur des torches dans le ‘‘ caveau sacré, on y trouve l’entrée d’une catacombe ‘qui s'enfonce, se divise en plusieurs branches, «ce ‘* développe dans un espace immense; et si l’on va ‘jusqu’au bout sans reculer et sans se perdre, on sort ‘ dans la campagne, bien loin du lieu où on était ‘entré. Je ne me dissimule ni l’immensité ni l’obscu- “ rité des recherches; j'irai d’un pas rapide, et j'espère ‘ que le fil conducteur ne tombera pas de mes mains.”
L'auteur après cet exorde nous montre la poésie comme 8e faisant jour partout au 13° siècle. * Quand
n’y soient point revenus. Il y a un grand nombre de membres du tiers-ordre où affiliés laïques. Ils ont acheté à Montréal, une ancienne église protestante où ils récitent l'office en costume.
“ Dieu, dit.il, sème de grands événements quelque “ part,je m'attends qu’il y germera de grandes idées.” Les événements sont les dernières croisades, le suprème effort de ia lutte de l'empire et du sacerdoce, la chute de Frédéric IT, le règne de saint Louis, la vie de saint François et de saint Dominique. Les grandes idées sont dans la construction de la sainte Chapelle, des cathédrales de Cologne et de Pise, et dans les récits où s’échauflaient la foi et le patriotisme des peuples.
Tout dans ce temps semble rayonner de gloire et étre à l'apogée de toute grandeur, l'Eglise, l'empire, la chevalerie et les communes. C’est au milieu de cette grande prospérité et à l’éclat de ce grand déploiement d'activité que s’éveilla le génie de Dante.
Cependant si l’on en croit les commentaires de son fils Giacopo, la première partie de la vie du grand poète florentin ne fut pas précisément celle d’un saint. Voici ce que dit Giacopo. ‘II faut savoir que Dante, quand “il commença ce traité, était au milieu du cours ordinaire de la vie (qui selon le poète va jusqu’à soixante- * dix ans), et qu’il était pécheur et vicieux, et comme
dans une forêt de vices et d’ignorance. Et encore ‘que, dans les premiers vers, il use d’un langage ‘ détourné pour accuser sa vie, néanmoins il la blâme ‘avec sévérité et se déclare un homme qui vivait * charnellement... Le sommeil dont il parle se prend “pour le péché et signifie sa vie pécheresse, et les “ fautes dont il était tout taché et tout plein... Mais “lorsqu'il parvint à la montagne, c’est-à-dire à la
‘grâce de la véritable connaissance et du véritable amour, il quitta cette vallée et cette vie de misère. Ainsi, ajoute Ozanam, le premier chant du poème, ‘ l’homme égaré dans la forêt à moitié chemin de la vie, combattu par les trois concupiscences que ‘ figurent la panthère, le lion et la louve, jusqu’à ce “qu'il échappe en s’enfonçant dans la considération
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de l'éternité ; cette admirable allégorie enfin est une