INTRODUCTION I
différentes fractions du parti de l’ordre, Mgr Parisis, Mer Dupanloup, Lacordaire, Ravignan, Montalembett d'une part, et de l’autre M. Thiers, M. Dupin et plusieursautres hommes politiques qui, jusque-là, avaient professé des idées bien différentes, se réunirent pour donner à la société et à la religion des garanties plus sérieuses que celles qu'elles avaient, Ce fut malheureusement à cette occasion que commença dans le parti catholique ce malentendu qui, en s'étendant de jour en jour, l'a divisé et le divise encore, non seulement en France, mais dans d'autres pays. La question de l'enseignement des classiques vint bientôt envenimer les différends résultant d'une simple question d'opportunité entre ceux qui voulaient tout ou rien, et ceux quiacceptaient quelque chose afin d’avoir plus tard tout ce qu'ils désiraient.
Ozanam, par ses relations et par la tournure de son esprit, était naturellement du parti de la conciliation ; il dut être très aflligé de cette première rupture entre des hommes faits pour s’estimer et qui, ayant un même objet en vue, auraient dû continuer à combattre côte à côte. Heureusement pour lui, ilne vécut pas assez longtemps pour être témoin de luttes plus acharnées, et de discussions où la charité qu'il aimait tant semblait perdre tous ses droits.
Cette vertu, qui était sa vertu dominante, il la pratiquait dans toute son (tendue et sous tous ses aspects: elle ne se bornait pas chez lui à secourir les miseres temporelles, elle s'appliquait surtout aux misères spirituelles et savait les traiter avec une douceur, un tact et une délicatesse infinis. On en trouve un exemple remarquable dans la lettre qu’il écrivit à son ami M. Ampère lorsqu'ils se séparèrent en Angleterre, l’un partant pour l'Amérique, l’autre
retournant en France.