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évidemment être rendue disponible qu'en la détachant de Farmée qui campait en vue de rAIsace, et en abandonnant, par là même, toute pensée d'envahissement et de conquête de ce côté. Ce changement de plan de campagne, très raisonnable en lui-même, paraissait devoir être d'autant mieux reçu à Vienne que la reine, en mariant récemment sa sœur, Tarchiduchesse Marianne, au prince Charles de Lorraine, avail donné aux jeunes époux, en cadeau de noces, le gouvernement de toutes les Flandres autrichiennes. On connaissait sa tendresse pour les siens et la puissance des sentiments de famille sur son cœur : du moment qu'elle envoyait la jeune princesse à Bruxelles, on devait supposer qu elle lui assurait les moyens d'y vivi'e et d y régner quelques jours au moins en sécurité.
Comment imaginer qu'elle Ty laisserait isolée avec une force insuffisante et qu'elle lui enlèverait son époux dans les premiers moments du bonheur conjugal pour l'envoyer à plus de cinquante lieues de distance commander la principale, la véritable armée de l'Autriche? Ce fut cependant le parti qu'elle prit. Le prince Charles
LA MALADIE DU ROI Si3
eut Tordre exprès, aussitôt après avoir établi sa femme dans la capitale de la Flandre, de lui en remettre le gouvernement et d'aller lui-même reprendre le commandement du corps d'armée qui, franchissant le Rhin dans son cours supérieur, avait pour mission de rendre TAlsacea r Allemagne et la Lorraine à ses anciens maîtres *.
Ce ne fut point le compte de TAngleterre, où, à l'inverse de ce qui se passait à Vienne, le désappointement, exploité par les partis en lutte^ tourna promptement à un complet désarroi. A la vérité, la menace de l'invasion française et Tapparition inattendue du jeune prétendant avaient un moment réuni autour de George tous ceux qui attaquaient ordinairement sa politique et même sa personne. Des adresses respirant la loyauté et le dévouement furent votées à l'unanimité par les deux chambres et couvertes de
1. D'Arneth, t. H, p. 28o. — nol)iii.<ou à Cartorct, 27 avril ilH. [Correspondance de Yienn", — Record Office.) — Coxe, Pelham Papers, t. I. p. i;i5. — L'Angleterre insista, au dire de Coxc, pour que le prince Charles eût le commandement en chef de toutes les troupes n'uinios, hlendcd in one 7nass ; elle ne put l'obtenir.
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signatures dans les comptoirs et les magasins de la cité de Londres : des mesures draconiennes, allant même jusqu'à la suspension de Yhabeas corpus, furent décrétées contre les menées des conspirateurs jacobites, de larges subsides furent accordés pour la continuation de la guerre. La nation témoigna de toute manière que, si elle se plaignait souvent de trouver la dynastie nouvelle plus allemande encore qu*anglaise, elle lui savait au moins toujours gré d être prolestante. Mais le premier momentd émotion passé, les dissidences ne tardèrent pas à reparaître. Précisément parce qu'on avait eu u craindre pour la sécurité de Londres mémo, le Parlement ne s'en montra que plus disposé à exercer une surveillance jalouse sur l'emploi des deniers qu'il accordait; et le vieux reproche toujours fait à la dynastie de Brunswick de n'employer l'argent anglais qu'à la défense de ses possessions hanovriennes retrouva plus d'écho encore que parle passé. Le peu de fruit qu'on avait tiré de la victoire de Dcttingue devint aussi un grief dont les alarmes mêmes des bourgeois anglais servaient à accroître et même à exagérer la gra-
vite. Ce n'était donc pas une victoire, c'était plutôt une fuite heureuse [a fortunate escape)^ s'écriait Tillustre Pitt. Bref, lorsqu'il fallut dresser Fétat de TeiTectif militaire dont on disposait, on constata que, déduction faite de ce qu'il fallait consacrera la défense des possessions et du territoire anglais, le nombre de troupes qui restait libre pour tenir la campagne en Flandre se trouvait singulièrement réduit. Ce fut donc un cruel mécompte quand le duc d'Aremberg vint signifier à Londres qu'on ne devait compter sur aucun envoi supplémentaire de troupes autrichiennes. Dès lors, en additionnant toutes les ressources, y compris le contingent, toujours mal assuré, des Provinces-Unies, on ne trouvait plus que cinquante mille hommes à opposer à Tarmée de plus de cent mille que conduisait le roi de France ' .
Dans cet embarras, ne voulant rien négliger, le cabinet anglais eut recours à un moyen extrême, dont, en conscience, il ne pouvait guère se promettre le succès. Il fit appel à Frédéric, en