SEID
Allah bénira nos travaux : encore un pas, mon cher Soleyman ; nous voici bientôt au pied des Pyramides, et ce voyage périlleux f que nous avons entrepris pour
délivrer FÉ^ypte de la tyrannie des infidèles, touche à son terme. Le Grand Caire est toujours au pouvoir des Français ; mais si leur chef tombe, si Kléber cesse d'exister, ils se disperseront comme le sable du désert au souffle du Kamsin formidable.
SOLBTMÂN.
Je dois te l'avouer, cher Seid, mon courage est abattu... La fatigue, l'inquiétude... Hélas! j*ai sans cesse devant les yeux l'image de mon père chargé de chaînes, enfermé dans une horrible prison.
sxn).
As*tu dono oublié que tu peux le sauver? (sètoyaun M ièf«*) Oui| si tu livres le combat sacré, si ton poignard atteint le cœur de l'ennemi du Coran» les récompenses que tu dois attendre de la munificence du visir suffiront pour acquitter la dette qui retient ton père en captivité, et te former dans Alep une fortune indépendante! avec cette jeune beauté que tu chéris,
SOLEYliCÀN, areo fea.
Ahl pour obtenir la liberté de mon père et la possession de celle que j'adore, je puis braver les plus affreux dangers... Fais-moi connaître ce Kléber, cet ennemi du Prophète que je dois frapper, et tu verras bientôt que 8o1eyman est digne de la missioû glorieuse
que range de la mort lui-même est venu lui annonoer dans le sommeil.
(li s*iocHne arec an reapect fajiaU<{ii««)
SEro.
Modère cet empressement. Il ne nous est point permis d'agir avant d'avoir reçu les derniers ordres du brave Osman, aga des janissaires, qui commande en ce moment dans Héljopolis Tavant-garde du grand- visir. C'est près de lui qu'il faut nous rendre^*. Viens, suis-moi.
Ils font un mouvement pour sortir. On entend dans le lointain quelques coups de fusil. Ils s'arrêtent.
SOLBYMAN.
Quel est ce bruit de gùen^e?... Les Turcs auraientils rompu la trôve faite avec les Français?
SEID, areo emportement.
Oui, sans doute : il n'est aucun traité inviolable avec les ennemis du Croissant, (eo se modérant.) J^ai su dans Qaza que Klôber, d'après le traité d*El-Àrisch, fidèle à des conventions dans lesquelles 11 trouve lo salut de son armée, devait retirer ses garnisons des différentes forteresses que ses troupes occupent : oe sont sans
doute les Arabes, excités par le visir, qui les attaquent dans leur retraite.
SOLEYMAN.
Mais ne crains-tu pas que nous-mêmes?...
SBID.
Les Arabes respecteront les lirmans que nous avons reçus du Grand-Seigneur; et nous sommes porteurs de passe-ports français qui nous mettent à Tabri de tous soupçons.
On entend un cliquetis d'armes. Tous deux regardent au fond.
SBID.
Les combattants se rapprochent de ce côté. (Moatrast
Teadroit par où l'etelare «it lorti «Teo le dromadairv.) CachODS-
nous dans ces ruines.
Je passe rapidement sur l'action. Il y a une escarmouche dans laquelle les Français sont vainqueurs. Officiers et soldats entourent Kléber en versant des larmes.
G*est dans cet instant que les deux trattres, cachés
pendant les dangers, reparaissent, tandis que tous les Français sont inclinés avec respect autour de Kléber. Seid le désigne à Soleyman qui porte la main sur son poignard. Les officiers se retournent, aperçoivent les deux Turcs, et ]es font avancer auprès du général.
Ces deux misérables, les yeux baissés, se prosternent devant lui. On les interroge ; ils montrent leurs passe-ports français. Le général les parcourt de Vœil, et ordonne que ces voyageurs continuent librement leur route : mais comme ils paraissent pauvres, il leur offre généreusement une bourse. Soleyman voudrait la refuser ; mais Seid, plus avide, Faccepte et s^éloigne avec son compagnon, en témoignant une feinté reconnaissance.
Le théâtre change et repréiente une campagne.
Au fond s'élève, au milieu des ruines, une redoute garnie de canons et palissades ; au fond, dans le lointain et sur un des côtés, on aperçoit une partie du village de Matariéh : quelques ouvrages en terre le défendent.
Hemf-Pacha s'assure du dévouement de Soleyman. Au moment où ce dernier lui jure la mort de 'Kléber, les Français, leur général en tète, pénétrent dans la redoute à la baïonnette.
Bataille et victoire.
'.G PRÉDÉRICK-LEMA.ITRE.