ZISKA
Oui, maîtresse.
KADILLA.
Tu réviendras ensuite me ti*duvêr,.. Toi, ma chère Samea, continue de tout préparer ici. (a Soieyinan.) Venez, pauvre malheureux, venez.
Elle remonte Tescalier avecSoleymân. Llman et Seid s'éloignent. On devine le reste, Kléber arrive et est assassiné au milieu de la fête par Soleyman. Bataille pendant laquelle Seid se bat corps à corps. Les Turcs sont faits prisonniers. On aperçoit dans le fond Soleyman dont la main droite brûle dans les flammes d'un brasier ; enfin, dans l'endroit le plus apparent de la terrasse, on voit le perfide Imati avec le farouche Seid à genoux, attendant, sous le cimeterre levé, le coup de la mort.
Nouvelle gêne. — V estaminet de la rue Chariot. — Encore Talma ! — Il entre à VOitéon.—- Le$ Maehabées, ^ Confident de if agédie !
Ses succès chez Franconi ne devaient pas le satisfaire au point de Tempêcher de songer à mieux. Là, s'il ne fallait pas danser sur la corde, il fallait monter à cheval et se battre à outrance; le malheureux tomba de cheval, comme il était tombé du haut de la corde, et faute de mieut, il entra à TOdéon. À quoi tient la gloire? Peutêtre que si on ne l'eût pas fait danser sur la corde, Frederick n'aurait jamais été a la tête du drame romantique, le premier et tout seul I
Dans quelles circonstances entra-t-il à TOdéon?
Un soir (il venait de quitter le Cirque Olympique), un soir, dis-je, qu'il songeait aux ronces
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du chemin qm mène à la gloire, il entra, comme par instinct, dans un estaminet de la rue Chariot. C'était un endroit très-fréquenté alors par les maîtres d'armes, les professeurs de bâton et de savate, les hommes de lettres et les vau* devillistes de l'époque, qui, dans ce temps-là, n'avaient ni barbe au menton, ni gants jaunes à la main, ni lorgnon suspendu à leur cou; cette société choisie était littéraire à outrance, comme toutes les sociétés d'élite. On parlait beaucoup théâtre dans ce lieu, et le nom des artistes à la mode s'échappait de temps à autre dans un nuage de tabac, au bruit sonore des bouchons à bière.
Sur les dix heures du soir, un homme vint à entrer. Tout le monde se leva et on cria : Vive Talma ! Frederick sentit combien c'était une extraordinaire puissance que cette gloire d'un comédien qui va droit à l'âme d'un maître d'armes, d'un professeur de bâton ou de savate, et d'un homme de lettres ; le nom de Talma éveilla pour la seconde fois le génie qui sommeillait dans son âme.
Il alla droit â lui. Le roi de la tragédie re-
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connut le timide candidat de FOdéon. Il le fit venir à ses côtés, et se mit à lui faire raconter ses diverses aventures aux Variétés-Amusantes, chez madame Rose, aux Funambules et au Cirque Olympique.
— Cher maître, termina Frederick, dans tout ces petits théâtres, j*ai plus appris que vous ne sauriez le croire. Perdu dans la foule, sachant que je passais inaperçu, je me suis essayé sans crainte et j^ai découvert bien des secrets.
— Eh bien, dit Talma, il faut mettre immédiatement cette expérience à l'épreuve. Il ne sera pas dit que j'aurai voté à TOdéon pour un jeune homme de talent et que Talma n'aura pas fini par avoir raison. Revenez demain.
Frederick fut fidèle au rendez-vous.
Talma venait de signer pour lui un engagement de six mois, à 110 francs par mois!
Durant ces six mois il ne joua qu'un rôle, celui de Nephtali des Machabées d'Alexandre Guiraud, dont la première représentation eut lieu le 12 juin 1822.
Il avait peu de chose à dire, sans compter
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que la pièce était faite sous une forme qui semblait ne lui devoir jamais convenir.
Voici en quoi consistait ce rôle, que nous donnons en entier.