‹ FreischützChapitre 62 sur 69 · SCENE · texte numérisé non relu

SCENE

Airalhe. Anneltc;. parée, mais sans fleurs', ni rameau, entre par le milieu.

ANNETTE

Quoi! Tu en es là seulement? Mais te voilà triste! Je suis sûre que tu as pleuré. Bah! larmes de hancée et pluie de printemps durent peu, dit le proverbe. Au reste, Dieu sait que nous avons eu assez de pluie cette nuit! A croire que la tempête allait jeter bas le vieux pavillon de chasse!

El Max se trouvait dans la forêt, par cet orage affreux! Aussi j'ai eu des rêves si angoissants!

Des rêves! J'ai toujours entendu dire qu'on doit retenir ce qu'on a rêvé la veille de ses noces. Comme les rainettes annoncent pluie ou beau temps, ces rêveslà présagent aux mariés heur ou malheur. Qu'as-tu donc rêvé?

Des choses prodigieuses. Dans mon rêve, j'étais changée en blanche colombe et je volais de branche en branche. Max tirait sur moi, je tombais, mais la blanche colombe avait disparu, j'étais redevenue

r. Ni Annetto, ni les demoiselles d'honneur ne doivent être parées de rieurs, puisque Agathe, sans le savoir, est obligée de prendre cf)nime moyen de se préserver de la septième balle, les roses saintes piiur en parer son Iront, la couronne de mariée n'ayant pu être prête

temps (Xiite du livret allemand).

Agathe et un énorme, un noir oiseau de proie roulait dans le sang.

ANNETTE, frappant dans ses mains.

A merveille, à merveille!

Et pourquoi ?

ANNETTE

Oui.... Le noir oiseau de proie (tu vas voir toute l'aventure! . — Tu as travaillé tard à ta robe de mariée et, avant de t'endormir, tu songeais certainement à ton sort actuel. Voilà pour la blanche colombe. — Tu as eu peur des plumes de l'aigle fixées au chapeau de Max, elles t'ont fait penser en frissonnant aux oiseaux de proie. Voilà pour l'oiseau noir !... Ne suis-je pas une habile devineresse?

C'est ton affection pour moi qui t'inspire, chère, joyeuse enfant! Cependant, n'as-tu jamais ouï dire que les rêves s'accomplissent?

ANNETTE, à part

Ne trouverai-je donc rien pour la distraire? (Haut, avec un sérieux apparent, mêlé de crainte.) Vraiment, on ne peut pas absolument les récuser! Moi-même,, j'en sais un e.^emple effrayant.

Romance et air (n° i3).

U-n soir, ma tante fit ce rêve.

La porte s'ouvre brusquement;

FREISGHUTZ 167

Puis... d'elle..., blanche comme un linge, Terrible, approche, à pas de spectre, Un monstre horrible.

Aux yeux pleins de flamme, Traînant une chaîne.

Il va vers la couche Où tante dormait; Cette pauvre tante Blanche comme un linge !

Il pleure..., ah!... si fort, Gémit, si triste, hélas! Que tante se signe, Appelle avec des cris d'efFroi :

— Suzanne,... Margareth! (bis) On arrive, on éclaire...

Et songe donc!... Mais Ne va pas trembler!

Moi, j'en frémis, car

Le spectre... : Néro,... le chien de garde! Agathe se détourne involontairement.

ANNETTE, timidement M'en veux-tu donc?

Indifférente, Crois-tu que je le sois?

Un jour de noces, point de larmes!

Ai?' : A jolie Fiancée La tristesse sied fort mal.

Qu'elle charme, Qu'elle entraîne.

Et ravisse,

Et foscine Par sa grâce Tous les hommes, C'est son rôle, son devoir!

Dans les tristes cloîtres.

Que les nonnes pleurent; Mais à toi sourit l'espoir, ^ La chapelle s'illumine, Tous les coeurs amis s'assemblent.

Chère amie, point d'effroi!

(Parlé! [Maintenant, je vais vite aller chercher la couronne. La vieille Lisbeth vient de l'apporter de la ville et, par oubli, je l'ai laissée en bas.] (Laportedu milieu s'ouvre.) Tiens! voici déjà tes demoiselles d'honneur!

Page 1