‹ FreischützChapitre 61 sur 69 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

Deux veneurs du Prince, venant de droite. Plus tard. Max et Kaspar. Enfin un autre veneur du Prince.

Magnifique temps pour la chasse!

Jamais je ne l'aurais cru ; jusque vers le matin, c'a été un mortel vacarme!

Surtout dans la Gorge au Loup. Le Diable semblait y avoir pris gîte !

i^ VENEUR

De tout temps, ce fut le fief de sa famille!

Il V en a, des chablis'-! Des troncs d'arbres de la grosseur d'un homme, brisés comme des roseau.x! Des

1. Habituellement coupé en Allemagne, il est supprimé au Théâtre des Champs-Elysées.

2. Chatlis. terme forestier qui signifie : arbre retourné par le vent.

sapins géants, arrachés, menacent le ciel de leurs ra cines.

Oui. oui, on sait bien qui prend là ses ébRts!

Quelle farce I... Partons! (ils s'éloi,<ïnent par la gauche. Du même côté arrivent .Max. uu peu animé, et Kaspar. Au mojuent où il les croise, il leur dit) : — BonjOUr!

2*^ VENEUR, se découvrant devant Max Heureuse chance, monsieur le Candidat!

MAX

Bonne chasse !

2*^ VENEUR, au premier et désignant Max Ecoute, sois poli avec lui. C'est un gaillard! Il a atteint trois pièces à une distance où notre vue même ne parvient pas! Son Altesse est absolument férue de lui. La roue de la Fortune a des tours merveilleux. Encore un peu et le voilà maître de vénerie!

Peu m'importe! Viens!

Ils s'en vont par la Lfauclic

MAX, à Kaspar Nous voilà seuls, tant mieux!.. As-tu encore des balles qui portent chance? Donne-les-moi.

K.ASPAR

Y penses-tu? J'en ai pris trois pour moi et t'en ai donné quatre. Pouvais-je partager plus fraternellement?

MAX

Mais je n'en ai plus qu'une! Le Prince avait les yeux sur moi. J'ai tiré trois coups d'arquebuse de manière à l'étonner. Mais qu'as-tu fait, toi, des tiennes?

Kaspar tire deux pies de sa gibecière et les jette derrière un buisson

Tiens, regarde. J'en ai usé deux à tirer ces pies.

MAX

Es-tu fou?

KASPAR

Et s'il me plaît, à moi, d'abattre ces oiseaux de potence ! Que m'importe la vénerie princière!

MAX

Ainsi, il t'en reste encore une. Donne-la-moi.

KASPAR

Quelque sot! Une à moi, une à toi! Et garde la tienne avec soin pour l'épreuve du tir.

MAX

Cède-moi ta dernière balle!

KASPAR

Impossible!

Kaspar!

3^ VENEUR, venant de gauche, à Max

Le Prince vous demande,, à l'instant même. Un débat s"est élevé sur la portée de votre arme.

Il sort par la gauche.

MAX

Tout de suite. (A Kaspar, d'un ton pressant) Cède-la moi !

K.ASPAR

Non, quand même tu te jetterais à mes pieds !

MAX

Gredin!...

Il sort par la gauche.

KASPAR

Si l'on veut!... Vite, faisons un sort à la sixième balle!... (il charge son arme.) La septième, celle du Diable, il peut la conserver pour le tir d'épreuve ! Ah ! Ah ! Ah ! Châtiment exemplaire! Ce sera bien fait pour la jolie fiancée!... Voici un renardeau qui court. La sixième lui trouera la peau!... (il vise en s'éloignant. On entend aussitôt la détonation dans la coulisse.)

CHANGEMENT DE TABLEAU

DEUXIÉ.^IE TABLEAU

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