‹ FreischützChapitre 68 sur 69 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

L'Ermite, seuj, agenouillé devant l'autel.

Dieu de miséricorde! Seigneur qui es là-haut! A toi, que célèbrent le soleil et les étoiles, Soit encore^ dans cette solitude, Voué le cœur de ton serviteur!

Il joint les mains et incline en priant son front vers l'autel. Silence rempli par la musique. Puis il se redresse comme sortant d'une extase, effrayé par une apparition d'en haut.

Quelle vision!

Maître de l'Univers, ne le permets point!

J'ai vu, — et l'effroi m'agite encore, —

J'ai vu, dans les ténèbres, l'Ennemi aux aguets,

Avec un visage exprimant une perverse joie.

Il tendait... — Ah ! mon cœur en frémit encore! —

Il tendait son poing géant

Vers un agneau sans tache.

I. Voir la Préface, page 4 et la note (i) de la page m du livret.

FREISGHUTZ 183^

C'était Agathe. Du côté de son fiancé, Il jetait des regards de haine farouche, Comme s'il voulait l'enlacer dans ses filets. Un mépris sardonique sur sa sombre face, Il le saisissait déjà par la main....

Avec une pitié profonde :

Seigneur, écoute la prière d'un vieillard! Ne laisse pas s'accomplir un tel crime ! Protège-le, ô Providence éternelle, Contre les embûches et le pouvoir du Mauvais ! Il se relève et fait quelques pas en avant. Parlé. Qu'était-ce donc? II me semble que j'ai été un moment au tombeau et que me voilà rendu à la lumière. Je vis avec simplicité, ma couche est dure; le sang se refroidit dans les veines du vieillard, parfois m'apparaissent des visions divines. Par tous les saints, il y a trois jours que je n'ai vu /\gathe; déjà cependant la clochette de l'ermitage a fait entendre son signal pardessus les bois environnants, annonçant l'approche du soir. Mais là, si mes yeux ne me trompent, c'est bien elle qui vient.

Page 1