DISTRIBUTION
KASPAR, premier veneur. Basse
KUNO 1 , forestier héréditaire du Prince. Basse. M. Dangès.
ANNETTE, jeune cousine de celle-ci. Soprano M 1Ie VORSKA.
Deux demoiselles d'honneur d'Agathe.
Seigneurs de la suite du Prince.
Veneurs, Demoiselles d'honneur d'Agathe, Paysans Ménétriers, Apparitions.
Lieu de V action : Dans les monts de Bohême.
Epoque : Peu après la fin de la Guerre de Trente ans.
Les indications scéniques : droite et gauche, s'entendent par rapport à l'acteur.
i , Prononcer : Kouno, Kiliann.
Pou?' la partition piano et chant, la vente ou location de la partition d'orchestre et des parties de chœurs, le droit de représentation % la mise en scène, etc. s'adresser à MM. Costa II al et Cie, éditeurs de musique, 60, rue de la Chaussée d'Aniin.
KILIAN 1 , riche paysan. Baryton
UxN ERMITE. Basse
OTTOKAR, prince régnant. Baryton (ou
M. Petit.
M. Lequien.
ténor;
SAxMIEL, rôle parlé et mimé
AGATHE, fille de Kuno. Soprano
M. Régis.
M. Collet.
M me RosE Féart.
CAKL-MAKIA VON WEBER
PRÉFACE
Historique de « Freischiitz »
A l'époque où il composa Freischùi^ Cari Maria von Weber était Kapellmeister à l'Opéra de Dresde, après avoir rempli, pendant trois ans, les mêmes fonctions à Prague, où il s'était fiancé avec une jeune chanteuse du théâtre, Carolina Brandt. Originaire de Saxe, le comte Brùhl, surintendant de la musique du roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III, avait offert à Weber la place de Kapellmeister à la chapelle royale de Berlin, vacante par suite de la mort de Gùrlich. L'artiste avait refusé, à cause de la cherté des vivres dans la capitale prussienne, et d'autre part, après l'incendie du théâtre de Berlin (3i juillet 1817), le roi de Prusse l'avait fait avertir de ne pas compter sur cet emploi. La commande d'un opéra pour l'ouverture du Schauspielhaus, en construction, représentait donc une sorte de dédommagement.
Il s'agissait de trouver un poème, — jusque-là Weber n'avait pas été heureux dans le choix de ses
livrets, — et un poème qui, répondant à ses vues esthétiques, lui permît de réaliser, au moins partiellement, la fusion qu'il rêvait entre l'action, la mimique, la peinture et la musique. Depuis qu'il résidait à Dresde et fréquentait les réunions d'un cercle littéraire appelé Liederkreis, Weber s'était ouvert de ce projet à un. avocat poète, Frédéric Kind 1 ; il lui demanda d'écrire un libretto de Singspiel ou d'opéra. Kind, qui savait à peine ses notes, hésita, puis accepta la proposition. Après avoir feuilleté nouvelles, romans et contes pour y trouver un sujet, Kind s'arrêta à celui du Freischuty, tiré du Gespe?isterbuch (Livre des Fantômes), d'Apel et Laun 2 .
Quoi qu'il en ait dit, dans son Freischïil^bîich, Kind n'eut peut-être pas le mérite de l'initiative, car ce nom seul de Gespensterbuch devait, rappeler à Weber que, lors de la publication de ce recueil, en
1. Né à Leipzig le 4 mars 1768, Jean Frédéric Kin'd est mort à Dresde le 21 juin 1843. Fils d'un StadtricJder préteur), il fut destiné à la jurisprudence. Reçu avocat à Dresde en 1703, il abandonna cette professsion en 1816; deux ans après, il fut nommé conseiller aulique. La littérature l'attira; il collabora, pendant des années, à des revues, à des journaux tels que Y Ahendzeitung et la Moryenzeitung ; il a publié plusieurs recueils de contes et de nouvelles, des romans, des poésies, des pièces de théâtre. En fait de livrets, outre Freischùlz, Kind a composé pour Conradin Kreutzer, Une nuit à Grenade et pour Alarschner, le Voleur de hois.
2. L'histoire du Freischùtz date du xvn c siècle. Elle fut recueillie au xviu e dans les Unterredungen vont Reiche der Geister [2 e éd., Leipzig, 1731 : ^Grove's Musical Dietiunary. Article sur Weber, par le D r Ph. Spitta). Burger ea a fait le sujet d'une de ses Ballades.
1810, se trouvant au château de Neubourg, dans la vallée du Neckar, avec AI. de Dusch, il avait poussé le cri : Eurêka ! et conjuré son ami de tirer de ce conte fantastique un scénario d'opéra. Les deux artistes avaient passé la nuit à discuter ce projet. Dusch en avait même tracé une esquisse ; puis, brusquement, l'enthousiasme subit de Weber s'était refroidi et il avait délaissé le conte d'Apel pour terminer son petit opéra bouffe, Abou-Hassan. Lorsqu'il eut vu jouer Freischùt^, Al. de Dusch ne fit aucune difficulté pour reconnaître la supériorité du livret de Fr. Kind sur le scénario hâtivement esquissé par lui en 1810.
Aussitôt commencé, le travail du poète fut vite achevé. Il avait écrit précédemment une Fiancée du Chasseur, et il l'utilisa. Il en garda le titre, qui alterna bientôt avec celui-ci : Der Probeschuss (le Tir d'épreuve', qui avait le mérite de mieux définir le sujet. Mais si l'attention de \Yeber et de Kind avait été ramenée en 1817 sur la légende du Chasseur Noir, c'est peut-être à cause de la publication par E. T. A. Hoffmann de ses Contes nocturnes* dont l'un, Le Spectre fiancé, s'inspire du récit d'Apel. J'ai fait remarquer ailleurs 2 les ressemblances singulières que l'on peut relever entre le livret de Kind et le conte d'Hoffmann :
« Si les noms des personnages sont changés, les incidents de l'action sont les mêmes ou à peu près : chute du portrait de l'aïeul Cuno qui blesse Agathe au