‹ Freischütz: Opéra Romantique En 3 ActesChapitre 3 sur 74 · Voir le Ménestrel, 17 Décembre · texte numérisé non relu

Voir le Ménestrel, 17 Décembre

cette musique, au fur et à mesure qu'on l'entend, » regrette de n'avoir pas assez remarqué tout d'abord « l'entrée si originale de Kaspar, dans le Trio du premier acte, » indice de l'importance que prendra le personnage, signale la conclusion en smor^ando de la valse, etc.

Nonobstant les critiques de la presse, Freischiit^ répondait si bien aux goûts du public et à son besoin d'émancipation de l'art germanique qu'en moins de cinq ans, l'œuvre fut représentée sur toutes les scènes allemandes de quelque importance. Elle franchit bientôt les frontières de l'Empire.

Dès le 28 janvier 1822, elle était montée à Copenhague, avec une traduction due au poète Œhlenschlàger, qui avait cru devoir remplacer Samiel par une personnification du Mauvais Destin et lui opposer Titania comme protectrice de l'innocence. Deux ans après, elle pénétrait en Russie, mais la censure l'interdisait presque aussitôt à Pétersbourg.

C'est au succès de Freischiit^ à Vienne et à Londres 1 qu'est due la naissance d'Euryanihe et d'Obéron, commandés à Weber, l'une par Barba ja, l'autre par Kemble. Ce dernier avait tout d'abord offert au compositeur la direction musicale de Covent- Garden (octobre 1824 à juillet 1825 , avec le droit d'y

1. Joué le 20 janvier 1822 au théâtre an der W'ien. La censure avait supprimé les rôles de Samiel et de l'Ermite. Comme l'Empereur n'aimait pas entendre sur la scène des coups de feu, les balles franches avaient été remplacées par des flèches enchantées.

Première représentation à Londres, le 22 juillet 1821.

PRÉFACE

taire représenter deux opéras nouveaux. Cette offre fut déclinée 4 .

La gloire de l'auteur de Freiscîiiït^ avait eu du retentissement, même en France. Il y eut des tentatives faites auprès de Weber pour l'amener à écrire un ouvrage en vue de l'Académie royale de musique. M. Adolphe Jullien, qui a eu entrelesmainsunecorrespondance de Weber avec la maison Schlesinger de Paris, a raconté dans un de ses livres que. dès 1828, Habeneck, directeur de ce théâtre, désirait rendre hommage au compositeur allemand si acclamé, en montant Freiscliùtz à l'Opéra. Weber répondit le i5 mars 1823 que ce serait « un plaisir et un honneur pour lui d'entrer en relations personnelles avec M. Habeneck » et qu'il lui enverrait volontiers la partition, mais il était persuadé que le sujet ne serait jamais goûté à Paris 2 . Toutefois, ajoutait-il, «je ne répugne-

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