FREISCHUTZ» AU THÉÂTRE LYRIQUE
Freischùt^ avait déjà paru sur quatre théâtres parisiens : rOdéon, le Théâtre italien, TOpéra-Comiquc
seizième le 7 février 1842i et les chiffres des sommes qui revenaient à Berlioz. A 233 fr. 31 par soirée, ces seize représentations forment un total de 3.733 fr. 14. Une lettre à sa sœur Adèle, du (i octobre 1811, publiée dans la Revue de Paris du 15 mars 1Î)UG, confirme que « le Freischùtz se joue encore de temps à autre et lui rapporte 230 francs par soirée. » Voir aussi le livre de M. Ad. Boschot sur Berlioz, tome II, chap. x.
1. Gazette musicale d'avril-mai 1812. Histoire du théâtre Ventadour, par Octave Fouque.
FREISCHL'TZ
et l'Opéra. Le Théâtre-Lyrique ne pouvait manquer de s'en emparer. Emile Perrin se souvint des succès de la version Castil-Blaze et monta Robin des Bois. Cette reprise eut lieu le 24 janvier i855. Th. Sauvage assure 1 qu'à cette occasion, il désirait rendre à la pièce son titre véritable. Perrin jugea cette restauration inopportune 2 . On rétablit la localité allemande, mais en conservant aux personnages leurs noms anglais : Reynold, Tony, Dick, Nancy, etc.... Singulier amalgame! La pièce fut revisée; « on ne négligea que ce que Weber avait lui-même supprimé comme inutile ou indigne de lui. »
Son œuvre avait pour interprètes un assez bon ténor, Bonneau de Lagrave; Marchot (Richard), qui « sentait la province » et transposait la chanson à boire; .Mme Deligne-Lauters (Agathe , douée d'une voix superbe, mais encore mal disciplinée; Mlle Girard, qui joua très finement le rôle de Nancy. L'acteur Junca faisait un Robin des Bois de belle prestance, terrifiant sous son manteau rouge 3 . Une mise en scène « étudiée, savante, splendide » contribua à attirer le public.
Mais la fidélité de Perrin à la routine fut blâmée dans la presse. Le Freischiit^ de l'Opéra avait accoutumé les musiciens à plus de respect envers le chef-d'œuvre. Weber était déjà en voie de devenir classique. Le succès de cette reprise fraya la voie à ses autres ouvrages