SCÈNE VI
Max seul. Plus tard parait Samiel. Il est d'une taille extraordinaire, il porte un vêtement vert sombre et couleur de feu, à ornements d'or. Cn grand chapeau, décoré d'une plume de coq, couvre presque entièrement son visacre au teint brun olivâtre.
MAX
Non, je ne puis souffrir l'angoisse Qui vient me ravir tout espoir.
Quelle est la faute que j'expie?
Qui m'a voué au sort trompeur?...
Air : Les bois sombres, ou les plaines, Me voyaient marcher joyeux.
Mon fusil savait atteindre, Poil ou plume, tout gibier.
Quand le soir, après la chasse, J'apportais ma large part De tueur barbare, 1 Les doux yeux d'Agathe souriaient.
samiel, presqu'immobile, fait un pas dans le fond, hors du bui>son.
MAX
C'est donc le ciel qui m'abandonne.
Ou ma raison qui s'égara? Si du destin je suis l'esclave.
Veut-il ma perte et mon malheur?...
Mais elle ouvre sa fenêtre, Son oreille attend mes pas,
i. Var. : Bien qu'émus du meurtre,
FREISGHÛTZ
Car sa foi constante espère Max et son joyeux signal.
Si des feuilles d'arbre tombent, Elle croit ouïr mon pas, Puis tressaille, me fait signe; Le bois seul reçoit ses vœux, s ami el marche à grands pas dans le fond de la scène.
MAX
Sous le pouvoir du sombre empire, L'affront m'accable, j'ai grand peur!
Aucun rayon dans ces ténèbres!
Destin aveugle! Ciel sans Dieu!
samiel, bientôt passé du côté opposé, fait au dernier mot un geste convulsif et disparait.