SCÈNE III
Airatlte. Annette. parée, mais sans fleurs', ni rameau, entre par le milieu.
ANNETTE
Quoi! Tu en es là seulement? Mais te voilà triste! Je suis sûre que tu as pleuré. Bah! larmes de fiancée et pluie de printemps durent peu, dit le proverbe. Au reste, Dieu sait que nous avons eu assez de pluie cettenuit! A croire que la tempête allait jeter bas le vieux pavillon de chasse!
AGATHE
lu Max se trouvait dans la foret, par cet orage affreux! Aussi j'ai eu des rêves si angoissants!
ANNETTE
Des rêves! J'ai toujours entendu dire qu'on doit retenir ce qu'on a rêvé la veille de ses noces. Comme les rainettes annoncent pluie ou beau temps, ces rêveslà présagent aux mariés heur ou malheur. Qu 'as-tu donc rêvé?
AGATHE
Des choses prodigieuses. Dans mon rêve, j'étais changée en blanche colombe et je volais de branche en branche. Max tirait sur moi, je tombais, mais la blanche colombe avait disparu, j'étais redevenue
i. Ni Annette, ni les demoiselles d'honneur ne doivent ctre parées de rieurs, puisque Agathe, sans le savoir, est obligée de prendre comme moyen de se préserver de la septième balle, les n ses saintes pour en parer s<>n Iront, la couronne de mariée n'ayant pu être prête
temps (Note du livret allemand).
FREISGHÙTZ
Agathe et un énorme, un noir oiseau de proie roulait dans le sang.
an nette, frappant dans ses mains.
A merveille, à merveille!
AGATHE
Et pourquoi ?
ANNETTE
Oui.... Le noir oiseau de proie (tu vas voir toute l'aventure! . — Tu as travaillé tard à ta robe de mariée et, avant de t'endormir, tu songeais certainement à ton sort actuel. Voilà pour la blanche colombe. — Tu as eu peur des plumes de l'aigle fixées au chapeau de Max, elles t'ont fait penser en frissonnant aux oiseaux de proie. Voilà pour l'oiseau noir !... Ne suis-je pas une habile devineresse?
AGATHE
C'est ton affection pour moi qui t'inspire, chère, joyeuse enfant! Cependant, n'as-tu jamais ouï dire que les rêves s'accomplissent?
annette, à part
Ne trouverai-je donc rien pour la distraire? (Haut, avec un sérieux apparent, mêlé de crainte.) Vraiment, on ne peut pas absolument les récuser! Moi-même, j'en sais un exemple effrayant.
Romance et air (n° i3).
Un soir, ma tante fit ce rêve.
La porte s'ouvre brusquement;
FRKISCHÛTZ
Puis... d'elle..., blanche comme un linge Terrible, approche, à pas de spectre, Un monstre horrible, Aux yeux pleins de flamme, Traînant une chaîne.
Il va vers la couche Où tante dormait; Cette pauvre tante Blanche comme un linge !
Il pleure..., ah !... si fort, Gémit, si triste, hélas!
Que tante se signe, Appelle avec des cris d'effroi :
— Suzanne,... Margareth! (bis) On arrive, on éclaire...
Et songe donc !... Mais Ne va pas trembler!
Moi, j'en frémis, car Le spectre... : Néro,... le chien de garde Agathe se détourne involontairement.
an nette, timidement M'en veux-tu donc?
Indifférente, Crois-tu que je le sois?
Un jour de noces, point de larmes I
Air : A jolie Fiancée La tristesse sied fort mal.
Qu'elle charme, Qu'elle entraîne, Et ravisse,
freisciiCtz
Et fascine Par sa grâce Tous les hommes, C'est son rôle, son devoir!
Dans les tristes cloîtres.
Que les nonnes pleurent; Mais à toi sourit l'espoir, m La chapelle s'illumine, Tous les cœurs amis s'assemblent.
Chère amie, point d'effroi!
Parlé ^Maintenant, je vais vite aller chercher la couronne. La vieille Lisbeth vient de l'apporter de la ville et. par oubli, je l'ai laissée en bas. i La porte du milieu s'ouvre., Tiens! voici déjà tes demoiselles d'honneur!