QUELQUES-UNS
Ciel, voyez 1 Agathe, il l'a tuée!...
d'autres
De l'arbre tombe Kaspar.
d'autres encore
Nous n'osons pas
Les regarder !
0 coup terrible du sort....
chœur
Dont nos âmes souffrent, tremblent!
Est-ce un acte criminel?
Qui des deux fut sa victime?
Nous n'osons en décider.
Ottokar et ses voisins immédiats se sont empressés auprè:d'Airathe. Quelques veneurs se sont rapprochés de Kaspar. Agathe a été perlée â droite sur le banc de repos par Annette. les jeunes filles et quelques paysans. Tous sont occupés autour d elle. Auprès d'elle, Max, agenouillé.
agathe, revenant d'une profonde syncope
Où suis- je?
Ma chute est donc un rêve?
ANNETTE
Ressaisis-toi !
max et KUNO
Vivante!
QL'ELQUES-INS
Louange à tous les saints! 1 Au jour ses yeux se rouvrent.
d'autres, entourant Kaspar
Le coup vient de l'atteindre, 11 gît couvert de sang.
kaspar. s'efTorçant de se redresser dans une convulsion :
J'ai vu l'ermite auprès d'Agathe.
Le ciel triomphe et c'en est fait de moi !
vgathe, se remettant et se relevant peu à peu :
je vis encor; l'effroi ma seul brisée.
J'aspire encor l'air pur, l'air si doux.
Kl* NO
Vivante en lin !
i. V.\r<. : A toi, Seigrneur, merci 1
FREISCIIUTZ
MAX
Pour nous sourire !
AGATHE
O Max! Je vis encor !
MAX
La douce voix me parle.... Agathe, tu vis. encbrî
Samiel apparaît, sortant de terre derrière Kaspar, invisible aux autres.
raspar l'aperçoit
Toi, Samiel, déjà !
ironique :
Ah! ton serment, tu l'as tenu!
Prends ton butin. Je brave les menaces
Dû ciel maudit!
II menace le ciel de sou poinir fermé: puis, s'adressant à Samiel :
Maudit!
Il succombe eu de violentes convulsions. Samiel disparait.
quelques-uns, avec terreur Ah! dans la mort, c'est sa prière!
KUNO
Ce fut toujours un garnement.
Le ciel enfin Ta bien puni.
d'autres
Le ciel lui-même, il Ta maudit!
178 FREISCHÙTZ d'autres encore Il appelait à lui le Diable!
OTTOKAR
Loin, dans la Gorge 1 , qifon le jette!
Quelques veneurs, s'éloignant par la gauche, emportent cadavre de Kaspar.
ottokar, à Max
Tu peux résoudre seul l'énigme.
Un crime vient de s'accomplir.
Tremble, si tu n'en fais l'aveu complet!
MAX
Prince, j'ai péché, je suis indigne.
Le mort, par fourbe, m'entraîna;
De désespoir, j'ai fui la route
De la vertu, de la piété.
Ces balles..., dont j'ai fait emploi,
Portent un charme. Il les fondit pour moi.
ottokar, avec colère
En hâte fuis de mon domaine, Ne reviens plus dans ce pays !
Devant l'Enfer le Ciel se ferme !
Non, non, tu n'auras pas sa pure main !
MAX
Je puis le dire Pour ma défense.
Cœur faible, soit, mais criminel non pas !
i. Sous-entendu : au Loup (Wolfsschlucht.)
FREtSCHÙTZ
KUNO
son devoir il fut soumis.
AGATHE
Qu'à mon amour on ne l'arrache!
LE CHŒUR
C'est un bras fort, un cœur vaillant; Il fut toujours loyal et bon.
Doux seigneur, miséricorde!
OTTOKAR
Non ! Agathe est trop pure pour lui!
Eloigne-toi de mes regards !
Que tu reviennes, la prison t'attend!
L'Ermite entre par la gauche. Tous s'inclinent avec respect devant lui. Ottokar lui-même se découvre.
Qui prononça si dure loi ?
Son crime doit-il être ainsi puni?
OTTOKAR
Cest toi, saint homme, toi Dont on vénère les vertus?
Je te salue, ermite aimé de Dieu, Je t'obéis bien volontiers.
Toi-même, juge! Ta sentence, Je veux la faire mienne.
FRKISGHUTZ
Cœur innocent, dans sa faiblesse, Peut transgresser devoir et loi.
Si vaine fut ta sauvegarde.
Vertu, devant son désespoir.
Faut-il, pour une balle franche, A deux coeurs purs ravir leur joie Et qu'ils succombent aux embûches Dont leur amour les investit?
— Qui le premier les frapperait?
Qui peut répondre de son cœur? — Que cette épreuve n'ait plus lieu jamais L
— Mais, Prince, malgré son noir péché r
(Avec un regard sévère à Max.)
Il fut naguère honnête et bon.
Qu'il soit puni d'un an d'épreuve !
S'il redevient ce qu'il était jadis, La main d'Agathe soit à lui!
OTTOK.AR
Ton dire me suffit.
Car Dieu s'exprime en toi.