‹ Freischütz: Opéra Romantique En 3 ActesChapitre 69 sur 74 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Du côté gauche sont rangés les veneurs et les rabatteurs qui festoient aussi. Derrière eux, un amas de gibier, cerfs, sangliers, et autres bètes tuées. Ottokar, à table, sous latente principale: à la place la plus inférieure. Kuno. Max, dans le voisinage de Kuno. mais en dehors de la tente, appuyé sur son arquebuse. A gauche. Kaspar. observant derrière un arbre. Enfin. Agathe. Ânnette, l'Ermite, les demoiselles d'honneur et un groupe de paysans.

CHŒUR DES VENEURS tl° 15 1

I. Plaisir de la chasse, non. rien ne t'égale. Ne rend plus ardente la sève en nos cœurs.

Aux bois s élancer, quand le cor nous appelle. Poursuivre le cerf aux étangs, aux halliers, C'est bien l'allégresse suprême et virile.

Qui fait le corps ferme, les mets savoureux.

Quand roches et bois de nos cris retentissent. Joyeux, nous choquons le hanap à pleins bords. Ho ho, tra la, la, etc....

II. Diane, propice, la nuit, nous éclaire; Son ombre repose le corps las du jour.

Traquer loups cruels, sangliers pleins de rage. Aux crocs qui ravagent bourgeons verdissants. Cest bien l'allégresse suprême et virile, etc.

(Au refrain.)

Ils trinquent : joyeux tumulte.

i. La première .strophe allemande est citée, pages q;, 48.

FKEISCHÛTZ

OTTOKAR

Trêve aux joies du festin, dignes amis et compagnons de chasse ! Passons à quelque chose de plus sérieux. Je ratifie votre choix très volontiers, mon brave Kuno. Votre gendre aura mon agrément.

K.UNO

Je puis donner de lui le meilleur témoignage. Certainement, il mettra le plus grand zèle à mériter vos faveurs.

OTTOKAR

Je lespère. Dites-lui de se tenir prêt. (Kuno sort du banquet, cause avec Max et revient prendre sa place.)

kaspar, à part :

Où s'attarde donc cette poupée? A l'aide, Samiel ! \U grimpe sur l'arbre et regarde de tous côtés.)

OTTOKAR

Où est la fiancée? J'en ai si souvent entendu faire l'éloge que j'ai un très grand désir de la connaître.

KUNO

A l'exemple de vos ancêtres vénérés, vous faites toujours preuve d'une indulgence à l'égard de ma famille!

max, tenant la balle dans le creux de sa main et la contemplant obstinément

Je t'ai conservée jusqu'à présent, balle infaillible dont j'attends mon bonheur ! Mais tu pèses maintenant cent fois plus à ma main !]

FREISGHÙTZ

KUNO

Ma fille va bientôt venir. Mais si vous vouliez, seigneur Prince, accéder à mon désir, daignez ordonner que l'épreuve du tir ait lieu avant son arrivée. Le brave garçon a eu, depuis quelque temps, r à l'approche d'une décision qui fixera son bonheur,] une malchance particulière. La présence de sa fiancée pourrait le troubler.

ottokar, souriant

En effet, pour un tireur, il semble manquer un peu de sang-froid. Tandis que je l'observais de loin, il a fait trois coups de maître; mais depuis que je l'ai fait appeler, il a manqué chaque fois.

KUNO

Je n'en disconviens pas... et cependant jusqu'ici, il était le plus adroit.

OTTOKAR

Qui sait, vieux, si nous aurions fait mieux, l'un ou l'autre, le jour de nos noces? Toutefois, respect au vieux usages! Au reste, (souriant et haut, de manière que Max puisse l'entendre.) Kuno, parmi vos plus anciens gardes, n'en est-il pas un qui, il y a quelques années du moins, était d'une adresse hors ligne?

KUNO

Celui-là, très digne seigneur, permettez-moi.... max, à part

Kaspar possède peut-être encore sa dernière balle

franche. Il pourrait bien (Hâtivement il charge son arme

et y glisse la balle.) Encore une seule et jamais plus!...

FREISGHÛTZ

OTTOKAR

D'ailleurs, c'est seulement pour observer la coutume et confirmer ma faveur. (Il sort du banquet, ses hôtes et courtisans le suivent. Les veneurs se lèvent, se dispersent de différents côtés.) Allons, jeune tireur, un seul coup semblable aux trois premiers de ce matin et tu es heureux! (Après avoir regardé à sa gauche.) Vois-tu, là, sur ce rameau, une colombe blanche? L épreuve est aisée. Tire ! Max vise; Agathe, dans le moment où il va presser la détente, venant de la gauche, sort d'entre les arbres, sur l'un desquels est perchée la colombe et crie : — Ne tire pas ! Je suis la colombe! (La colombe s'envole vers l'arbre sur lequel Kaspar est monté. 11 en descend rapidement. Max la suit du canon de son arquebuse. Le coup part. La colombe s'envole et fuit. En môme temps, Agathe et Kaspar crient et tombent. On transporte Agathe à droite sur le banc de repos. Kaspar gît au mi. lieu de la scène.)

Finale (n° 16).

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