ACTE III, SCÈNE F. l8l
Trùsoim.
Je sais que là-dessos je n'en sois pioint du touty Et que d'un tel sonnet pea de gens sont capables»
Me préserve le del d'en fuie de semblables! 1035
Trùsoiûu
Je soutiens qu'on ne peut en Eure de meillenr; Et ma grande raison est qœ j'en sois l'auteur.
Ku&r.
Vous?
Trùsotàu
Moi.
Vadius.
Je ne sais donc comment se fit l'affaire.
' Trùsotin.
^ C'est qu'on fut malheureux de ne pouvoir vous plaire.
Vadius,
Il faut qu'en écoutant j'aie eu l'esprit distrait, 1040
Ou bien que le lecteur m'ait gâté le sonnet.
Mais laissons ce discours, et voyons ma ballade.
Trùsotin.
La ballade, à mon goût, est une chose fuie;
Ce n'en est plus la mode, elle sent son vieux temps.
> Vadius.
La ballade pourtant charme beaucoup de gens. 1045
Trtssotin.
Cela n'empêche pas qu'elle ne me déplaise,
Vadtus, Elle n'en reste pas pour cela plus mauvaise.
î84 LES FEMMES SAVANtES.
Trtssofin, Elle a pour les pédants de merveilleux appas.
Vadtus.
Cependant nous voyons qu'elle ne vous plaît pas.
Trissofîn.
Vous donnez sottement vos qualités aux autres. 1050
(//j se lèvent /okt.) Vadtus.
Fort impertinemment vous me jetez les vôtres.
Trisso^n.
Allez, petit grimaud, barbouîlleiu* de papier.
Vadtus.
Allez, rimeur de balle, opprobre du métier.
Jrtssoltn, AUez, fripier d'écrits, impudent plagiaire.
Vadtus.
Allez, cuistre ...
PhUaminte.
Eh, messieurs! que prétendez-vous faire?
Trissotin.
(à Fadiui) Va, va restituer tous les honteux larcins 1056
Que réclament sur toi les Grecs et les Latins.
Vadtus,
Va, va-t'en faire amende honorable au Parnasse D'avoir fait à tés vers estropier Horace.
Trissotin. I
Souviens-toi de ton livre, et de son peu de bruit. 1060
Vadtus.
Et toi, de ton libraire à l'hôpital réduit.