‹ French ClassicsChapitre 152 sur 175 · UN NOTAIRE, MARTINE · texte numérisé non relu

UN NOTAIRE, MARTINE

Philammte.

Qu'il a bien découvert son âme mercenaire! 1765

£t que peu philosophe est ce qu'il vient de faire!

Clùandre,

Je ne me vante point de l'être; mais enfin

Je m'attache, madame, à tout votre destin,

Et j'ose vous offrir, avecque ma personne,

Ce qu'on sait que de bien la fortune me donne. 1770

Philaminte.

Vous me charmez, monsieur, par ce trait généreux. Et je veux couronner vos désirs amoureux.

Oui, j'accorde Henriette à l'ardeur empressée . . .

Henriette.

Non, ma mère; je change à présent de pensée.

Souffrez que je résiste à votre volonté. 1775

Clitandre.

Quoi! vous vous opposez à ma félicité!

Et lorsqu'à mon amour je vois chacun se rendre . . .

Henriette.

Je sais le peu de bien que vous avez, Clitandre,

Et je vous ai toujours souhaité pour époux,

Lorsqu'en satisfaisant à mes vœux les plus doux 1780

J'ai vu que mon hymen ajustait vos affaires :

Mais lorsque nous avons les destins si contraires,

Je vous chéris assez, dans cette extrémité,

Pour ne vous charger point de notre adversité.

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