ACTE II y SCÈNE II
Je vois trop que vos cœurs n'ont point pour moi de fard,
Et que chacun de vous, dans l'avis qu'il me donne.
Regarde seulement l'État et ma personne. . 630
Votre amour en tous deux fait ce combat d'esprits,
Et vous allez tous deux en recevoir le prix.
Maxime, je vous fais gouverneur de Sicile :
Allez donner mes lois à ce terroir fertile ;
Songez que c'est poiu- moi que vous gouvernerez, 635
Et que je répondrai de ce que vous ferez.
Pour épouse, Cinna, je vous donne Emilie :
Vous savez qu'elle tient la place de Julie,
Et que si nos malheurs et la nécessité
M'ont fait traiter son père avec sévérité, 640
Mon épargne depuis en sa faveur ouverte
Doit avoir adouci l'aigreur de cette perte.
Voyez-la de ma part, tâchez de la gagner:
Vous n'êtes point pour elle un homme à dédaigner;
De l'ofire de vos vœux elle sera ravie. 645
Adieu: j'en veux porter la nouvelle à Livie.