‹ French ClassicsChapitre 28 sur 175 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

CINNji.

Donne un plus digne nom au glorieux empire 865

Du noble sentiment que la vertu m'inspire,

Et que l'honneur oppose au coup précipité

De mon ingratitude et de ma lâcheté;

Mais plutôt continue à le nommer faiblesse,

Puisqu'il devient si faible auprès d'une maîtresse, 870

Qu'il respecte un amour qu'il devrait étouffer.

Ou que, s'il le combat, il n'ose en triompher.

En ces extrémités quel conseil dois-je prendre?

De quel côté pencher? à quel parti me rendre?

Qu'une âme généreuse a de peine à faillir! 875

Quelque fruit que par là j'espère de cueillir, Les doucem^ de l'amour, celles de la vengeance, La gloire d'afiranchir le lieu de ma naissance. N'ont point assez d'appas pour flatter ma raison. S'il les faut acquérir par une trahison, 880

S'il faut percer le flanc d'un prince magnanime Qui du peu que je suis fait une telle estime, Qui me comble d'honneurs, qui m'accable de biens, Qui ne prend pour régner de conseils que les miens. O coup! ô trahison trop indigne d'un honrnie! 885

Dure, dure à jamais l'esclavage de Rome !

Périsse mon amour, périsse mon espoir^ Plutôt que de ma main parte un crime si noir! Quoi? ne m'offre-t-il pas tout ce que je souhaite. Et qu'au prix de son sang ma passion achète? 890

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