‹ French ClassicsChapitre 42 sur 175 · ACTE IV y SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV y SCÈNE V

Maxime.

Cet amour en naissant est toutefois extrême.

C'est votre amant en vous, c'est mon ami que j'aime, 1370

Et des mêmes ardeurs dont il fut embrasé . . .

jEmt'h'e,

Maxime, en toilà trop pour un homme avisé.

Ma perte m'a surprise, et ne m'a point troublée;

Mon noble désespoir ne m'a point aveuglée.

Ma vertu tout entière agit sans s'émouvoir, 1375

Et je vois malgré moi plus que je ne veux voir.

Quoi ? vous .suis-je suspect de quelque perfidie ?

jEmtli'e.

Oui, tu l'es, puisque enfin tu veux que je le die ;

L'ordre de notre fuite est trop bien concerté

Pour ne te soupçonner d'aucune lâcheté: 1380

Les dieux seraient pour nous prodigues en miracles,

S'ils en avaient sans toi levé tous les obstacles.

Fuis sans moi, tes amours sont ici superflus.

Maxime, Ah! vous m'en dites trop.

jEmiiie,

J'en présume encor jJus.

Ne crains pas toutefois que j'éclate en injures; 1385

Mais n'espère non plus m' éblouir de parjures. Si c'est te faire tort que de m'en défier.

Viens mourir avec moi pour te justifier.

Maxime.

Vivez, belle iEmilie, et souffrez qu'un esclave . . .

jEmilie.

Je ne t'écoute plus qu'en présence d'Octave. 1390

Allons, Fulvie, allons.

Page 1