‹ French ClassicsChapitre 46 sur 175 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

Maïs c'est trop y tenir toute l'âme occupée: 1545

Seigneur, je suis Romain, et du sang de Pompée ; Le père et les deux fils, lâchement égorgés, Par la mort de César étaient trop peu vengés. C'est là d'un beau dessein l'illustre et seule cause; Et puisqu'à vos rigueurs la trahison m'expose, 1550

N'attendez pas de moi d'infâmes repentirs, D'inutiles regrets, ni de honteux soupirs.

Le sort vous est propice autant qu'il m'est contraire; Je sais ce que j'ai fait, et ce qu'il vous faut faire : Vous devez un exemple à la postérité, i555

Et mon trépas importe à votre sûreté.

Augus/e,

Tu me braves, Cinna, tu fais le magnanime,

Et, loin de t'excuser, tu couronnes ton crime.

Voyons si ta constance ira jusques au bout.

Tu sais ce qui t'est dû, tu vois que je sais tout: 1560

Fais ton arrêt toi-même, et choisis tes supplices.

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