‹ French ClassicsChapitre 47 sur 175 · SCÈNE IL LIFIEy JUGUSTEy CINNA, JEMILIEy FULFIE · texte numérisé non relu

SCÈNE IL LIFIEy JUGUSTEy CINNA, JEMILIEy FULFIE

Ltvie,

Vous ne connaissez pas encor tous les complices: Votre Emilie en est, seigneur, et la voici.

Ctftna, C'est elle-même, â dieux!

Et toi, ma fille, aussi!

AEmth'e.

Oui, tout ce qu'il a fait, il l'a ùAt pour me plaire, 1565 Et j'en étais, seigneur, la cause et le salaire.

8o CINNA.

Auguste, Quoi ? l'amour qu'en ton cœur j'ai fait naître aujourd'hui T*emporte-t-il déjà jusqu'à mourir pour lui ? Ton âme à ces transports un peu trop s'abandonne, Et c'est trop tôt aimer l'amant que je te donne. 1570

Emilie, Cet amour qui m'expose à vos ressentiments «

N'est point le prompt effet de vos commandements; Ces flammes dans nos cœurs sans votre ordre étaient nées, Et ce sont des secrets de plus de quatre années; Mais quoique je l'aimasse, et qu'il brûlât pour mpi, 1575 Une haine plus forte à tous deux fît la loi; Je ne voulus jamais lui donner d'espérance, Qu'il ne m'eût de mon père assuré la vengeance; Je la lui fis jurer; il chercha des amis:

Le ciel rompt le succès que je m'étais promis, 1580

Et je vous viens, seigneur, offrir une victime, Non pour sauver sa vie en me chargeant du crime: Son trépas est trop juste après son attentat, Et toute excuse est vaine en un crime d'État: Mourir en sa présence, et rejoindre mon père, 1585

C'est tout ce qui m'amène, et tout ce que j'espère.

Auguste.

Jusques à quand, ô ciel, et par quelle raison Prendrez-vous contre moi des traits dans ma maison? Pour ses débordements j'en ai chassé Julie ; Mon amoiu* en sa place a fait choix d'Emilie, 1590

Et je la vois comme elle indigne de ce rang. L'une m'ôtait l'honneur, l'autre a soif de mon sang ; Et prenant toutes deux leur passion pour guide, L'une fut impudique, et l'autre est parricide. O ma fille! est-ce là le prix de mes bienfaits? 1595

MmUie-, Ceux de mon père en vous firent mêmes effets.

Auguste.

Songe avec quel amour j'élevai ta jeunes^.

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