‹ French ClassicsChapitre 63 sur 175 · Scène I · texte numérisé non relu

Scène I

1. 355. " Fénelon, dans sa lettre à l'Académie sur l'éloquence, dit : * H me semble qu'on a donné souvent aux Romains un discours trop fastueux ; je ne trouve point de proportion entre l'emphase avec laquelle Auguste parle dans la tragédie de Cinna, et la modeste simplicité avec laquelle Suétone la dépeint.' Il est vrai : mais ne fout-il pas quelque chose de pius relevé sur le théâtre que dans Suétone ? D y a un milieu à garda entre l'enflure et le simplicité. D faut avouer que Corneille a quelquefois passé les bornes.

** L'archevêque de Cambrai avait d'autant plus raison de reprendre cette enflure vicieuse, que de son temps les comédiens chargeaient encore ce défaut par la plus ridicule affectation dans l'habillement, dans la déclamation, et dans les gestes. On voyait Auguste arriver avec la démaidie <f un matamore, coiffé d'une perruque carrée qui descendait par-devant jusqu'à la ceinture ; cette perraque était farcie de feuilles de laurier, et sunnontée d'un large chapeau avec deux rangs de plumes rouges. Auguste, ainsi défiguré par des bateleurs gaulois sur un théâtre de marionnettes, était quelque chose de bien étrange ; il se plaçait sur un énorme fauteuil à deux gradins, et Maxime et Cinna étoient sur deux petits tabourets. La déclamation ampoulée répondait parfaitement à cet étalage ; et surtout Auguste ne manquait pas de regarder Cinna et Maxime du haut en bas avec un noble dédain, en prononçant ces vers :

' Enfin tout ce qu'adore en ma haute fortune D'un courtisan flatteur la présence importune.'

" n faisait bien sentir que c'était eux qu'il regardait comme des courtisans flatteurs. En effet, il n'y a rien dans le commencement de cette scène qui

NOTES, lOI

empêche que ces vers ne puissent être joués ainsi. Auguste n'a point encore parié avec bonté, avec amitié à Cinna et à Maxime ; il ne leur a encore parlé que de son pouvoir absolu sur la terre et sur l'onde : on est même un peu surpris qu'il leur propose tout d'un coup son abdication de l'onpire, et qu'il les ait demandés avec tant d'empressement pour écouter une résolution si soudaine, sans aucune préparation, sans aucun sujet, sans aucune raison prise de l'état présent des choses.

** Lorsque Auguste examinait avec Agrippa et avec Mécène s'il devait conserver ou abdiquer sa puissance, c'était dans des occasions critiques qui amenaient naturellement cette délibération, c'était dans l'intimité de la conversation, c'était dans des causions de cœur. Peut-être cette scène eût-elle été plus vraisemblable, plus théâtrale, plus intéressante, si Auguste avait conamencé par traiter Cinna et Maxime avec amitié, s'il leur avait parlé de son abdication conune d'une idée qui leur était déjà connue; alors la scène ne paraîtrait plus amenée comme par force, uniquement pour faire un contraste avec la conspiration. Mais, malgré toutes ces observations, ce morceau sera toujours un chef-d'œuvre par la beauté des vers, par les détails, par la force du raisonnement, et par l'intérêt même qui doit en résulter ; car est-il rien de plus intéressant que de voir Auguste rendre ses propres assassins arbitres de sa destinée ? Il serait mieux, j'en conviens, que cette scène eût pu être préparée ; mais le fond est toujours le même, et les beautés de détail, qui seules peuvent faire les succès des poètes, sont d'un genre sublime." (Voltaire.)

1. 359. var. Cette grandeur sans borne et ce superbe rang. (1643-56) 1. 360. Jtidis from the Lztin jamdià,

1. 365. Assouvie, etymology uncertain. " On peut croire qu'il ya en confusion en un seul de deux verbes, as-^tpire, assoupir, d'où rassasier (satis£iire la faim, l'assoupir), et (Ksufficere, suf&re, satis&ire, achever, accomplir : cela rendrait compte de tout, sens et forme." (Littié.)

L 370. " Remarquez bien cette expression," said Racine to bis son, *' on ^t aspirer à monter ; mais il faut connaitre le cœur humain aussi bien que Comdlle l'a connu pour pouvoir dire de l'ambitieux qu'il aspire à descendre."

The following passage from an obscure poet of the seventeenth centurjr offers an interesting parallel : —

" Gardons la liberté de la chose publique.

Déjà presque soumise au pouvoir tyrannique D'un enfant sans respect, ou d'un tigre plutôt Qui sortant de son antre, ose aspirer si haut i Qu'il sache en se perdant que, qui veut y prétendre, Plus il cherche à monter, plus il trouve à descendre."

(Chaulmer, La mort de Pompée, 1. 1. 1638) 1. 376. " Point de pain quelquefois, et jamais de repos."

(La Fontaine, La mort et le Bûcheron.) Compare the well-known passage —

" O hard condition ; twin-bom with greatness, Subjected to the breath of every fool, Whose sensé no more can feel but his own wringing I

What infinité heart's ease must kings neglect, That private men enjoy ! *' (Shakespeare, King Henry V.) 1. 379* ^^'^^ ^y^ ^*CQ ^^ démis, mon père Ta gardé,

Différents en leur fin conmie en leur procédé : L'un cruel et barbare, est mort aimé, tranquille. (1643-56) 1. 394. See in Dion Cassius (411. 1-41) the conversation of Augustus with Agrippa and Mecaenas.

1. 407. Mettre has—dépouUUr^ to shake off, to strip oneself of. "... croyez moi, mettez bas Tartifice."

(Corneille, Othon. iii. 3.) 1. 411. var. Si vous laissant séduire à ces impressions.

Vous même condamnez toutes vos actions. (1643—56) 1.415. Exquis, precious.

*' Faute d'un plus exquis, et comme par bravade, ' Ceci servira donc de mouchoir de parade.*'

(Corneille, La Suivante, il. 5.) 1. 435. var. Lorsque notre valeur nous gagne une province.

Gouvernant justement, on devent juste prince. (1643-56) 1. 433. var. Mais sa mort vous fait peur ? Seigneur, les destinées D'un soin bien plus exact veillent sur vos années.

(1643-56) 1. 434. Démon, tutelary, sjnrit (Acdfuov). Thus also : — " Tu fiis toujours depuis son démon tutélaire.**

(Racan, Ode à M. de Bellegarde.) ** Les conseillers flamands, craignant l'abord de JGmenès, ce puissant démon d'état." (Mézeray, Hist. de France.)

1. 457. This is the maxim of the philosopher Aristippus. 1. 463. Imputa à crime. Latinism, comp. the expression Hoe erit mibi dolori.

1. 464. Vers for envers. We might give numerous instances to shew that vers and envers hâve long been used indiscriminately. Two or three will suflice. See in this very play, IIL ii. 818.

" Un très bon prince comme est votre altesse vers un peuple desvoyé« (S. François de Sales.)

" Voulant se ménager vers la cour et vers le parlement." (La Rochefoucauld, Mémoires.)

"Jusqu'à ce que le succès me justifie vers le public." (Mad. de la Fayette, La Princesse de Clèves.)

We must not forget, however, that Vaugelas pointed out the différence between vers and envers ; and the rule established by him is now universally admitted.

1. 466. var. Par la même vertu la gloire est donc flétrie. (1643-56) 1. 468. var. Si de ses plus hauts faits l'infamie est le prix. (1643-56) 1. 471. var. Mais ce n'est pas un crime indigne de pardon. (1643-56) 1. 475. Cbez^ auprès de, with.

" Il le verra sans peine, et cette dureté Passera chez Sylla pour magnanimité."

(Corneille, Sertorius, 1 1 1 . 2 .)

1. 479. Généreux used as a substantive. Thus again : — " Est il donc permis à un sujet d'avoir de la force contre son prince, et pensant en faire vtngénéreuXt n'en ferons nous point un rebelle?** (Bossuet.) " Ils entrent dans la chambre où le généreux les attend sur un lit de parade." (Cyrano de Bergerac, Voyage dans la Lune.) 1. 494. ** Quod si non aliam . . . fata . . .

Invenere viam." (Lucan. Phars. i. 33.) 1. 498. var. Quand nous avons pu vivre avecque plus de gloire. Croître used actively in the sensé of augmenter,

** Peuvent-ils (les domestiques) croître leurs gages en se garnissant ?*' (Pascal. Lettres Prov. vi.)

1. 506. var, Avecque jugement punit et récompense, Ne précipite rien de peur d'un successeur.

Et dispose de tout en juste possesseur. (1643—56) 1. 508. '* Men are deceived who think there can be thrall Under a virtuous prince. Wish'd liberty Ne'er lovelier looks than under such a crown." (Ben Jonson.) L 512. var. Les magistrats donnés aux plus séditieux. (1643-56.) 1. 518. var. Dedans le champ d'autrui largement ils moissonnent.

1. 5 31. " L'état populaire, le pire de tous." (Bossuet, cinquième a vert, aux Protest.)

" Le gouvernement populaire est le pire fléau dont Dieu afflige un état, quand il le veut châtier." (Cyrano de Bergerac, lettre contre les Frondeurs.)

It will not be out of place to quote hère, by way of parallel passage, a fragment of the famous discussion on the varions forms of govémment, given by Herodotus in his Thalia. —

'OfuAov yàp àxfnitov ovScv ^<m k^vverérepov, 068^ Ifipitrrirtpov koI roi rvpàvvou Sfipiy ^ùyovras iylipeLs is h-fi/iov àjcoXéurrou Cfipiy «rcir^ctv

4(rrl oùic^juàs àveurx^à^ k^s yàp tiy ytyéaKot, hs olh^ HiiàxOi^,

oih-€ oVi€ Ka\hv Mhvy oi^ oîicfiioy; w0cci t€ ifAirtaà>if rà wp/fiy/juira 6pfv véovy x^^t^PV voTo/i^ XkcKos ; (Ixxi.)

Tpiôiv . . . irpoKUfi(yo»v .... ^fu>v rc àpi<rroVf Kcà oXtyapxh^f Kcà ftowdpxovy itoXXip rovro irpoéx^^v \tyu, àv^phs yàp êvhs rov àpiffrov ol9^v ifitipov tof ipoptiri' yyt&fip yàp roiavr'p ;i^p6c6/ucyos, irirpoiteéoi 2ky àfiufi'ffTOfS rov tX^Ocos* iny^ré tc ày fiovXeéfAara iwï SvCfitvéas éaf^pos ofh-o» /u£Xi(rra. iv 84 iXiyttpxiy, wo7i\6i(ri àptr^v hroaniovin is rh Koufhv, ^X^*^ ^'^ Iffxvpà (ptXéet èyyivetrdat, ainhs yàp €Kcurros fiov\6' fitvos icopwf>a7os ttvai yy^/ijjai tc viicav, is ^x^^^ fitydXa àXkijXoia'i àwucydoPTcu' i^ &y aréffits èyyivomai' ix Hh r&v cna<riwv, <p6vos' iK Bk rov ^yov, àitéfiri is fAovvapxH^* Ktà iy ro{n<p 8t^8€|6, 5(ry ivrl rovro &ptffToy. ■ A^ifiov rc aZ Jipxovros, ÂSt^vara fi^ oh Kaxànf^a iyylytoBtu, kokAttitos roiyw iyytvofién^s is rà Kowà, Ix^^^ 1^^ o^** iyyiyeroi. roun KOKOuri, ipiXieu 84 îo'xypcd' oi yàp KOKmhrrts rà Koiyàt tnjyKpù^tun^s irot€va'i. rovro 84 rou>dro ylyereu, is h ày rpo<rrds ris rov ^-fifiov robs rotovrovs iraéa^, iK 84 airr&y Ouvfid^trcu odros 8^ ùvh rov B-fifiov' Omffjui- (dfiëyof 84, ày* &y i<l>dy7i fwwapxos i^y irai iy roirtp 817X61 irai otros &s ^ fiovyapxh Kpdriaroy, (Ixxxii.)

Napoleon's opinion about Cinna is interesting : — "Quel chef d'œuvre que Cinna t comme cela est construit 1 comme il est évident qu' Octave, malgré les taches de sang du triumvirat, est nécessaire à l'empire, et l'empire à Rome! La première fois que j'entendis ce langage, je fus comme iUuminé, et j'aperçus clairement dans la politique et dans la poési des horizons que je n'avais pas encore soupçonnés, mais que je reconnus faits pour moi." (See M. Villemain's Souvenirs Contemporains, part I.)

1* 530. var. Est une heureuse erreur dont elle est idolâtre.

Par qui le monde entier rangé dessous ses lois. (1643-56) 1. 545. vco'. S'il est vrai que du ciel la prudence infinie. (1643— 56). 1. 546. Départ, distributes, assigns.

1. 547. var. n est certain aussi que cet ordre des deux. (1643-56^) 1. 555. var. Ce que tous ses consuls n'ont pu Êiire deux fois.

Et qu'a fait avant eux le second de ses rois. (1643-56) 1. 566. ** Si Pergama dextra

Defendi possent, etiam hac defensa fuissent"

(Virgil, Âeneid, ii. 191, 19a.) 1. 569. var. Et devait cet honneur aux mânes d'un tel homme. (1643.56) 1. 588. " Nec quemquam jam ferre potest, Caesarve priorem,

Pompeiusve parem." (Lucan, Pharsal. i. 125, 126.)

1. 590. ** Non aliud discordantis patriae remedium fuisse, qnam ut ab uno rcgeretur." (Tacit. Annal, i. 9.)

" Aliter salvus esse non potuit (populus Romanus) nisi confugisset ad senritutem." (Florus. iv. 3.)

" For govemment, though high and low and lower, Put into parts, doth keep in one consent, Congruing in a full and natural close,

Like music

. Therefore heaven doth divide The State of man in divers functions, Setting endeavour in continuai motion ; To which is fixed, as an aim or butt.

Obédience." (Shakespeare, King Henry V.)

1. 591. var. Et si votre bonté la veut favoriser (1643-56) !• 595* «or. 'Que le malheur du temps ne nous eût pas fait voir.

(1643-56) 1. 609. " Jam nihil, O Superi, querimur : scelera ipsa nefasque

Hac mercede placent." (Lucan, Pharsal. i. 37, 38.)

I. 611. Hettr for bonbettr, 1. 61 7* var. Conservez vous. Seigneur, lui conservant un maître.

(1643-5Q ■ 1. 019. var. Et daignez assurer le bien coounun de tous.

Laissant un successeur qui soit digne de vous. (1643-56)

1. 628. var. Je sais bien que vos cœurs n'ont point pour moi de 6ird.

1. 631. var. Votre amour pour tous deux fait ce combat d'esprits.

1. 632. vctr. Et je veux que chacun eu reçoive le prix. (1645-60) 1. 644. var. Vous n'êtes pas pour elle un homme à dédaigner.

(1643-60) 1. 645. var. Je présume plutôt qu'elle en sera ravie. (1543-56.) 1. 646. var. Adieu : j'en vais porter la nouvelle à Livie. (1643, 4<>.)

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