‹ French ClassicsChapitre 91 sur 175 · ACTE 7, SCÈNE II J, I · texte numérisé non relu

ACTE 7, SCÈNE II J, I

A me déshonorer en prisant ses ouvrages;

C'est par eux qu'à mes yeux il a d'abord paru,

Et je le connaissais avant que l'avoir vu. 350

Je vis, dans le fatras des. écrits qu'il nous donne,

Ce qu'étale en tous lieux sa pédante personne,

La constante hauteur de sa présomption,

Cette intrépidité de bonne opinion.

Cet indolent état de confiance extrême 255

Qui le rend en tout temps si content de soi-même,

Qui fait qu'à son mérite incessamment il rit.

Qu'il se sait si bon gré de tout ce qu'il écrit.

Et qu'il ne voudrait pas changer sa renommée

Contre tous les honneurs d'un général d'armée. 260

Henriette, C'est avoir de bons yeux que de voir tout cela.

Clitandre,

Jusques à sa figure encor la chose alla.

Et je vis par les vers qu'à la tête il nous jette.

De quel air il fallait que fût fait le poëte;

Et j'en avais si bien deviné tous les traits 265

Que, rencontrant un homme un jour dans le Palais,

Je gageai que c'était Trissotin en personne.

Et je vis qu'en effet la gageure était bonne.

Henriette, Quel conte!

Clitandre,

Non; je dis la chose comme elle est. Mais je vois votre tante : agréez, s'il vous plaît, 270

Que mon cœur lui déclare ici notre mystère.

Et gagne sa faveur auprès de votre mère.

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